Synthèse Kahina Terki
Des centaines de migrants ont observé samedi 9 octobre un sit-in en face du bureau local du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui a provisoirement suspendu ses activités cette semaine en raison d’une pression migratoire grandissante. Ils se sont plaints des « mauvais traitements » que leur infligent les autorités libyennes, selon des ONG de défense des droits humains en place dans le pays.
Vendredi, 8 octobre, quelque 2.000 migrants et réfugiés se sont évadés de ce centre et six d’entre eux ont été tués par balles par des gardes libyens, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a dénoncé des conditions de vie « terribles » dans ce lieu surpeuplé.
Selon l’OIM, six migrants ont été tués et au moins 24 autres blessés « lorsque des gardes armés ont commencé à tirer à la suite d’une émeute et d’une tentative d’évasion ». L’organisation a exhorté les autorités à « cesser d’utiliser la force excessive, à mettre fin aux détentions arbitraires et à reprendre immédiatement les vols pour permettre aux migrants de partir ». Quelque « 10.000 hommes, femmes et enfants sont piégés dans des conditions difficiles dans des centres de détention officiels », selon cette source.
Vendredi, 8 octobre, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a appelé Tripoli à « autoriser la reprise des vols humanitaires hors du pays, suspendus depuis près d’un an ». Dans son communiqué, le ministère de l’Intérieur appelle les « organisations internationales concernées à l’aider dans les opérations de retour volontaire et de rapatriement, dans les plus brefs délais ».
Les incidents de vendredi interviennent une semaine après un raid mené dans un quartier pauvre de la capitale ayant ciblé principalement des migrants. Environ 5.000 personnes ont été arrêtées et placées en détention. Le ministère de l’Intérieur a réaffirmé que cette opération avait visé les « repaires du crime organisé et du trafic de drogue ». Samedi 9 octobre, le ministère libyen de l’Intérieur a, en effet, démenti tout usage excessif de la force. « L’opération de sécurité » consécutive à l’évasion du centre de détention Mabani a été « menée avec professionnalisme et sans recours excessif à la force », a indiqué le ministère dans un communiqué, affirmant « respecter les droits humains dans le traitement du dossier migratoire ».
Le ministère souligne qu’une « bousculade » survenue pendant « l’évasion de centaines de détenus a entraîné la mort d’un migrant en situation irrégulière et blessé d’autres migrants ainsi que de nombreux policiers ». Un responsable de l’Intérieur avait fait état vendredi de quelque 2.000 personnes évadées, sans mentionner des tirs des forces de l’ordre.
La Libye est un important point de passage pour des dizaines de milliers de migrants, majoritairement issus de pays d’Afrique saharienne, cherchant à gagner l’Europe par les côtes italiennes, à quelque 300 km des côtes libyennes. n