Le conflit libyen entre dans sa septième année et aucune perspective de dénouement rapide ne semble s’annoncer à l’horizon. La particularité de la situation politique qui prévalait au temps du dictateur Mouammar Kadhafi, l’immaturité des forces qui ont surgi durant et après la révolution de 2011 puis l’engagement de forces étrangères pour leurs intérêts géopolitiques et économiques ont rendu la situation encore plus complexe dans le pays.


Et c’est sur cette complexité que se penche le journaliste et analyste tunisien Madjed el Berhoumi dans son livre «La problématique de la démocratie en Libye », paru chez Perspective éditions à Tunis fin décembre dernier. M. El Berhoumi, qui est également directeur du Centre maghrébin de recherches, d’études et documentation tente de répondre, non sans inquiétudes, aux questions que la Libye pose à ses voisins maghrébins et méditerranéens. L’auteur insiste sur l’infantilisme des parties libyennes surgies de la période post-Kadhafi à construire un consensus permettant d’amorcer une réelle normalisation politique et institutionnelle dans leur pays. A ce constat, il oppose la conviction que la « transition démocratique ne pourra réussir sans qu’il y ait un rapprochement de vision et de positions entre toutes les composantes des parties en conflits. Sur la Libye, écrit-t-il, « plane encore le risque de somalisation ou de l’afghanisation » L’auteur s’alarme en particulier de l’arsenal présent dans le pays. Ces armes en grande quantité, s’inquiète-t-il, ne sont pas uniquement un danger pour la Libye mais aussi pour les pays voisins. selon des rapports onusiens, souligne M. El Berhoumi, « des armes en provenance de Libye sont parvenus jusqu’à 14 pays comme le Mali, Tunisie, Liban, Tchad, Afrique centrale… Pour réussir la transition, « les milices qui détiennent les armes doivent les rendre à l’armée libyenne », insiste-t-il. Les grandes puissances, jugent-ils, ont une responsabilité certaine dans la situation actuelle et le désordre qui ronge le pays depuis sept ans. Elles sont toutefois dans une situation d’urgence à trouver une solution en raison de l’effet boomerang de la crise libyenne : potentiel terroriste important, crise migratoire, etc.