La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a appelé dimanche à la «libération immédiate» de Libyens venus de l’Est du pays et arrêtés «arbitrairement» par des groupes armés à leur arrivée dans la capitale Tripoli. Depuis début novembre, «plusieurs personnes» en provenance de Benghazi (est) ont été «arrêtées arbitrairement par des groupes armés», selon un communiqué de la mission onusienne publié dimanche et appelant à leur «libération immédiate». «Au moins une personne» a été suivie jusqu’à sa destination dans la capitale Tripoli avant d’être arrêtée, note la Manul. D’autres auraient été arrêtées à leur descente de l’avion à l’aéroport de Mitiga, près de Tripoli. La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi et est aujourd’hui déchirée entre deux pouvoirs rivaux: le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, et le camp du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est soutenu par une partie du Parlement élu. Le ministre de l’Intérieur du GNA, Fathi Bashagha, a «condamné avec force» ces arrestations, affirmant samedi sur Twitter que des poursuites ont été engagées à l’encontre des membres du groupe armé à l’origine de cet incident non revendiqué. La Manul estime que ces arrestations cherchent à «saboter les efforts» visant à «rassembler de nouveau les Libyens» après le cessez-le-feu immédiat signé le 23 octobre entre les deux parties en conflit. D’avril 2019 à juin 2020, le maréchal Haftar a tenté sans succès de conquérir militairement Tripoli, siège du GNA, provoquant l’arrêt de toutes les liaisons aériennes et terrestres entre les deux régions. Près de deux semaines après le cessez-le-feu, l’Autorité de l’aviation civile a décidé le 4 novembre d’autoriser la reprise des liaisons aériennes avec le sud libyen, une décision saluée par la mission onusienne. n