La mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a appelé les belligérants libyens à reprendre les discussions, entamées en janvier à Genève, en vue de parvenir à un cessez-le-feu durable. Dans un communiqué publié jeudi, la mission onusienne a exhorté les protagonistes de la crise libyenne, (le Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et le maréchal Khalifa Haftar), à «reprendre les pourparlers de la Commission militaire (…) par visioconférence, si nécessaire, afin d’aboutir à un cessez-le-feu durable.» Elle a appelé «toutes les parties à s’abstenir de tout acte ou propos provocateur, susceptible de menacer les perspectives d’une trêve.» «Cela comprend aussi les tentatives d’un camp ou de l’autre d’exploiter cette période de répit pour renforcer ses positions», a souligné le communiqué. La Manul a appelé à l’occasion «les Etats membres qui alimentent directement le conflit en leur fournissant des armes et des mercenaires (…) à user de leur influence pour respecter et faire respecter l’embargo sur les armes» décrété par l’ONU. Fin janvier à Berlin, les pays concernés se sont engagés à respecter un embargo sur les armes et à soutenir un cessez-le-feu, mais» les deux camps ont continué depuis à être approvisionnés en armes et en mercenaires par leurs alliés», selon l’ONU. En effet, l’appel de l’ONU intervient au lendemain de l’annonce par le maréchal Khalifa Haftar d’une trêve rejetée par le GNA. En réponse à cette annonce unilatérale, le GNA, a indiqué jeudi dans un communiqué qu’il poursuivrait sa «légitime défense», en s’attaquant «à toute menace où qu’elle soit et en mettant fin aux groupes hors-la-loi». Il a estimé que des trêves avaient été violées par le passé par le maréchal Haftar qui mène depuis un an une offensive pour s’emparer de la capitale libyenne. «Ces violations font que nous ne faisons guère confiance aux annonces de trêve» de Haftar, a ajouté le gouvernement de Fayez al-Sarraj dans son communiqué. Selon le GNA, tout cessez-le-feu a besoin de «garanties et de mécanismes internationaux» pour surveiller son application et documenter les éventuelles violations. Le GNA souhaite ainsi la réactivation de la Commission militaire dite de 5+5, constituée de dix hauts responsables militaires –cinq pour chaque camp– et dont les pourparlers entamés en janvier à Genève avaient été suspendus après une deuxième réunion en février. Cette commission était chargée de définir les conditions d’un cessez-le-feu et de surveiller son application, sous la supervision de la Manul. La crise en Libye a fait jusqu’ici des centaines de morts et plus de 200.00 déplacés.