La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a exhorté le Parlement libyen à respecter le calendrier initial des élections présidentielle et législatives, qui avait fixé au 24 décembre la tenue du double scrutin. Cruciaux pour l’avenir de ce pays enlisé dans une crise politique majeure depuis une décennie, les deux scrutins devaient initialement se tenir le même jour mais le Parlement a décidé début octobre de les dissocier: la présidentielle reste prévue le 24 décembre mais les législatives se tiendront un mois plus tard. La Manul, qui «suit de près» la «finalisation du cadre juridique» des élections par le Parlement, a appelé au respect du principe d’élections présidentielle et législatives simultanées, conformément au processus politique initié par l’ONU en novembre et aux résolutions du Conseil de sécurité sur la Libye. Il «est nécessaire pour préserver l’intégrité du processus électoral, renforcer sa crédibilité (…) et garantir l’acceptation des résultats des scrutins», a insisté la mission onusienne dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche. Le président du Parlement basé à Tobrouk (est), Aguila Saleh, avait ratifié un texte censé encadrer le volet présidentiel du scrutin, manifestement taillé sur mesure pour l’homme fort de l’Est, Khalifa Haftar, suscitant de vives contestations à Tripoli (ouest). La Libye tente de s’extraire d’une décennie de chaos depuis la chute de l’ancien régime en 2011, dirigé par le dictateur Mouammar Kadhafi. Après des années de conflits armés et de divisions régionales entre l’Est et l’Ouest, un nouveau gouvernement intérimaire a été désigné en début d’année, sous l’égide de l’ONU, pour mener la transition d’ici les élections générales de fin d’année. Pour la communauté internationale, la priorité est la tenue de ces scrutins décisifs mais ceux-ci restent entourés d’incertitudes, du fait des fortes dissensions internes, notamment entre les régions de l’Est et l’Ouest. n