L’objectif fixé à Alger lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays concernés est de mobiliser tous les moyens politiques et techniques pour aider le gouvernement Dbeibah à organiser dans les délais prévus (24 décembre prochain) les élections générales qu’ils considèrent, avec le départ des forces étrangères du pays, comme l’une des meilleures solutions à la crise libyenne…

Par Anis Remane
Pour ce faire, l’Algérie et l’Egypte, les deux poids lourds de l’arc nord-africain, vont réactiver deux sous-commissions ad-hoc politique et sécuritaire, dont la réunion est prévue incessamment, a-t-on appris à l’issue de la réunion à Alger des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye. Le Caire, réputé influent auprès des forces politiques de Cyrénaïque que représente le maréchal autoproclamé Khalifa Haftar, s’est vu également soutenu dans sa proposition d’organiser prochainement, après le rendez-vous visiblement réussi d’Alger, un nouveau tour de table entre les chefs des diplomaties de ces pays afin de soutenir davantage le processus de normalisation politico-institutionnelle en cours en Libye. L’ensemble des pays voisins de la Libye doivent par ailleurs préparer, en coordination avec les acteurs libyens et avec l’appui de la Commission exécutive de l’Union Africaine (UA), une «Conférence sur la réconciliation nationale inter-libyenne». Ils confirment ainsi leur mobilisation, ainsi que leur appui aux efforts de l’ONU, de l’UA, de la Ligue arabe et de l’UE, pour accélérer la fin de la transition libyenne, et permettre au gouvernement d’Abdelhamid Dbeibah d’organiser les élections générales prévues le 24 décembre prochain.
Dans un communiqué de clôture des travaux de la réunion d’Alger, mardi 31 août, les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye ont ainsi insisté sur «la mise en œuvre impérative et effective» des priorités majeures en tête desquelles «la tenue d’élections dans les délais impartis», conformément à la résolution 2570 du Conseil de sécurité et aux conclusions de la conférence de Berlin II. L’impératif, selon eux, est que les parties libyennes respectent le calendrier électoral sur lequel ils se sont entendus, en parachevant le balisage juridico-institutionnel nécessaire par une loi électorale que tous les concernés par le processus en cours attendent impatiemment. Lundi 30 août, l’émissaire des Nations unies pour la Libye, Jan Kurbis, a ainsi incité les dirigeants libyens à «ne pas perdre de temps» et à finaliser le cadre constitutionnel qui permettra d’organiser les élections prévues en décembre.
«Le gouvernement (libyen) a pris les dispositions nécessaires pour la tenue des élections, mais nous avons besoin d’un cadre juridique. Les députés sont actuellement en train de finaliser la loi électorale et il nous reste encore très peu de temps», a déclaré le chef de la mission onusienne à l’ouverture à Alger d’une réunion des pays du voisinage de la Libye. «Je les ai invités à prendre leurs responsabilités et à ne pas perdre de temps», avait-t-il indiqué. Parmi les responsabilités, il y a également la nécessité de faire partir les forces étrangères et les mercenaires qui se trouvent en Libye, une question qui, en raison des enjeux qu’elle recouvre, suscite les plus vives inquiétudes et incite l’ONU à vouloir sécuriser le terrain, pour prévenir les éventuels risques de dérapage. Dans ce cadre, Jan Kubis, a annoncé un prochain déploiement du premier groupe d’observateurs du cessez-le-feu en Libye. «Le déploiement d’un premier groupe d’observateurs onusiens du cessez-le-feu est en cours. Des installations temporaires à Syrte ont été identifiées, le premier groupe se déploiera, si les conditions le permettent, dans les semaines à venir pour soutenir le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu (signé par les parties libyennes en octobre2020)», a-t-il affirmé à Alger. Dans l’objectif d’une pleine mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu, la commission militaire conjointe 5+5 a l’intention d’«élaborer un plan d’action pour un retrait séquencé et échelonné et vérifiable des mercenaires et des combattants étrangers», a précisé l’émissaire onusien. Un processus dans lequel «les voisins de la Libye doivent également être engagés», a-t-il ajouté avant d’assurer que l’ONU était prête à «soutenir le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration et celui de la réforme du secteur de la sécurité, dirigé par la Libye pour la stabilisation du pays et de la région au sens large». Les pays du voisinage sont d’accord pour la mise en application de l’accord quadripartite pour la sécurisation des frontières communes, l’intensification des contacts avec les parties étrangères pour affirmer que la solution politique «s’avère la seule alternative» pour la crise libyenne. n