Hier, mardi, le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah a discuté avec les membres du Comité militaire «5+5» des mécanismes de sortie des mercenaires du pays. Le Comité militaire mixte libyen (5+5) comprend 5 membres du gouvernement libyen légitime et 5 membres de la milice de Khalifa Haftar et travaille à la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu signé le 23 octobre 2020 à Najif.

Synthèse Kahina Terki
Selon le bureau des médias du Premier ministre, «Il a été abordé lors de cette réunion la question des mécanismes de sortie des mercenaires de la Libye». Selon la même source, le Premier ministre «a réaffirmé le soutien total de son gouvernement aux efforts du Comité».
Le départ des mercenaires est à l’ordre du jour de l’ensemble des documents publiés par les Nations unies et l’Union Africaine (UA) sur la crise libyenne depuis l’installation du gouvernement de transition de M. Dbeibah et la mise en place du calendrier électoral devant conduire la Libye à tenir des élections générales le 24 décembre dernier. Selon ces instances internationales et africaines, l’évacuation du sol libyen par les forces étrangères constituera un nouveau départ pour le pays et un début de sortie de crise sérieux qui rendra davantage crédible le scrutin prévu à la fin de l’année.
S’il n’est pas sûr que toutes les forces étrangères présentes dans le pays en sortent d’ici la fin de l’année, la réunion qui s’est tenue hier à Tripoli représente un signe positif de la capacité des Libyens, en dépit de leurs divergences d’intérêts et de positionnement par rapport aux influences internationales en jeu dans leur pays riche en pétrole. Cela témoigne d’une capacité à discuter au moins de ces forces étrangères, officielles comme les sécuritaires turcs ou officieuses comme les miliciens de la société russe Wagner ou des experts secrets dépêchés par les Emirats et autres pays arabes engagés en Libye, et des scénarios destinés à les désengager.
Autre petit signe positif, lundi, 4 octobre, le Parlement libyen a adopté la loi électorale régissant les élections législatives plus de trois semaines après la ratification d’un texte controversé encadrant le volet présidentiel d’un double scrutin crucial pour l’avenir du pays, prévu en décembre. Le Parlement a diffusé un communiqué dans lequel il affirme qu’avec l’adoption de cette loi, «l’une des périodes les plus périlleuses de l’histoire récente de la Libye se ferme après des années d’instabilité, de guerre et de chaos». «Il est temps pour les Libyens de jouir de stabilité et de voir s’achever la transition qui les a épuisés», a ajouté le Parlement, appelant à faire du scrutin «des noces électorales». Mais, malgré les progrès politiques des derniers mois, la situation sécuritaire reste dans le pays. La situation des droits humains suscite également des inquiétudes : des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis en Libye depuis 2016, a conclu lundi une mission d’enquête de l’ONU, le jour même où de nouveaux charniers ont été découverts dans la ville de Tarhouna (ouest), théâtre de nombreuses exactions.
L’approbation de la loi sur les législatives intervient un peu plus de trois semaines après l’adoption par le Parlement siégeant à Tobrouk (Est) d’une loi régissant l’élection du futur Président, ratifiée sans être soumise à un vote et favorisant l’homme fort de l’Est, Khalifa Haftar, au grand dam des autorités de Tripoli. Le Haut-conseil d’Etat libyen (HCE), instance faisant office de Sénat, installé à Tripoli (Ouest), avait immédiatement rejeté la décision du Parlement. Le 21 septembre, le processus a enregistré un nouvel accroc avec la censure par le Parlement du gouvernement de transition, un vote ayant suscité «l’inquiétude» de l’ONU et aggravé les tensions. Le lendemain, Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), s’est retiré provisoirement de ses fonctions militaires avant une candidature attendue à la présidentielle. n