Par Anis Remane
Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu hier mercredi à New York, une réunion suivie de consultations à huis clos, sur la situation en Libye, à quelques semaines des élections générales prévues dans ce pays, et au lendemain de l’annonce de la démission de l’émissaire onusien pour la Libye, Jan Kubis. Le démissionnaire Jan Kubis, également chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), qui a fait un exposé lors de la réunion sur la situation et les préparatifs des prochaines élections dans le pays voisin fin 2021 et début 2022, a déclaré qu’il était prêt à demeurer à son poste le temps de boucler l’agenda électoral prévu.
«Dans la lettre de démission au secrétaire général, j’ai confirmé ma disponibilité à continuer comme émissaire pendant une période de transition, qui, à mon avis, devrait couvrir la période électorale pour assurer la continuité des activités, à condition que ce soit une option réalisable«, a déclaré Jan Kubis. «J’espère qu’une solution appropriée sera trouvée«, a-t-il ajouté. Lors d’une réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur la Libye, le responsable a indiqué, sans en donner la raison précise, avoir remis il y a une semaine sa démission au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, soit le 17 novembre. Le chef de l’ONU a attendu jusqu’au 23 novembre pour accepter cette démission, lui précisant, selon M. Kubis, qu’elle serait «effective le 10 décembre«, et en informer les 15 membres du Conseil de sécurité. Hier, mercredi, certains d’entre eux ont indiqué à des médias ne toujours pas savoir la raison précise de la décision soudaine de l’émissaire.
En attendant la décision que prendra le chef de l’ONU vis-à-vis de l’annonce de départ du diplomate slovaque, la décision de M. Kubis de démissionner de son poste d’envoyé spécial pour la Libye, qui rappelle celle de son prédécesseur Ghassan Salamé qui a quitté son poste officiellement pour des «raisons de santé«non sans rappeler après les difficultés auxquelles il a été confronté, ajoute de nouvelles incertitudes sur le scénario de sortie de crise en Libye. L’élection présidentielle dans le pays voisin, censée tourner la page d’une dizaine d’années de guerre, est prévue le 24 décembre. Initialement prévu le même jour, un scrutin législatif a été repoussé d’un mois, à fin janvier.
Le Conseil de sécurité semble déterminé à exprimer son soutien aux processus électoraux et de paix en Libye. A cet égard, les membres du Conseil devaient examiner hier une déclaration présidentielle. Si elle est adoptée, la Déclaration devrait saluer le plan d’action de la Commission militaire mixte 5+5 (JMC), et la Déclaration de Paris qui appelait à la tenue d’«élections présidentielles et législatives libres, équitables, inclusives et crédibles le 24 décembre«et à la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre. De nombreux intervenants devaient évoquera question des mercenaires et des combattants étrangers présents dans le pays. Certains ont déjà souligné l’importance de soutenir le plan d’action 5+5 JMC relatif au retrait «sans délai«des mercenaires, des combattants étrangers et des forces étrangères de Libye«, et l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020, une position défendue de manière insistante par l’Algérie.
Signe que les incertitudes demeurent, la Russie a appelé hier à la «retenue maximale«avant la présidentielle en Libye . Son représentant permanent adjoint auprès de l’ONU, Gennady Kuzmi, a déclaré que son pays appelait les parties en conflit à faire preuve de retenue maximale pour permettre aux Libyens de voter«. Quatre-vingt-dix-huit dossiers de candidature ont été déposés pour la présidentielle du 24 décembre en Libye, avait annoncé mardi le président du Conseil d’administration de la Haute commission électorale nationale (HNEC), Imad al-Sayeh, au lendemain de la clôture des délais de dépôt.
Pour l’élection du chef de l’Etat –premier scrutin au suffrage universel en Libye– prévue le 24 décembre, le dépôt des candidatures s’est déroulé exclusivement dans trois bureaux de la Haute commission électorale: à Tripoli (ouest), Benghazi (est) et Sebha (sud).