Le porte-parole du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, a critiqué l’annonce d’un cessez-le-feu dans le pays, le qualifiant de simple «coup médiatique» de la part du gouvernement d’union (GNA), accusé de préparer une nouvelle offensive armée. Vendredi, un cessez-le-feu a été annoncé dans deux communiqués séparés, l’un signé par le chef du GNA Fayez al-Sarraj, et le second par Aguila Saleh, président du Parlement libyen élu et membre du camp du maréchal Haftar. Les deux textes ont également évoqué l’organisation prochaine d’élections dans ce pays en proie au chaos à la suite de la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, et déchiré entre deux autorités rivales, l’une à l’Ouest incarnée par le GNA, reconnu par l’ONU, et l’autre à l’Est par Khalifa Haftar. «C’est du marketing médiatique. (…) La vérité, c’est ce qui se passe sur le terrain», a toutefois commenté dans la nuit de dimanche à lundi Ahmad al-Mesmari, dans une première réaction de ce porte-parole du maréchal Haftar.
Montrant une carte de la région autour de Syrte, où le front est stabilisé depuis plusieurs semaines, M. Mesmari a affirmé: «les forces pro-GNA ont l’intention d’attaquer nos unités à Syrte et à Joufra puis avanceront vers la zone du Croissant pétrolier», plus à l’est et où se situent les principaux terminaux pétroliers du pays, selon lui.
«Au cours des 24 dernières heures, nous avons observé des navires et des frégates turcs avancer vers Syrte (…). Nous riposterons à tout acte hostile», a-t-il clamé.
Intervenant ensuite sur la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya Al-Hadath, ce porte-parole a tempéré son propos en affirmant que le camp Haftar ne rejetait «pas» le cessez-le-feu… tout en estimant que le texte de vendredi du GNA avait été «rédigé par Ankara». Il n’a fait aucune mention de celui de Aguila Saleh. Cette annonce d’un cessez-le-feu a été saluée par l’ONU ou encore par l’Union européenne comme une possible avancée dans ce conflit où interviennent un grand nombre de puissances étrangères. D’un côté, la Turquie et le Qatar appuient le GNA, de l’autre, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte soutiennent les forces pro-Haftar.
Ces dernières, après l’échec de leur offensive lancée sur Tripoli en avril 2019, se sont retirées vers la ville côtière de Syrte (450 km à l’est de Tripoli), verrou stratégique vers les principaux sites pétroliers et la base aérienne d’al-Joufra, au sud. n