L’Egypte a apporté hier son soutien à une solution politique en Libye. Son ministre des Affaires étrangères a, en effet, indiqué que Le Caire œuvrait pour une « solution politique » dans le pays voisin.

Sameh Choukri s’exprimait à l’ouverture dans la capitale égyptienne d’une nouvelle réunion diplomatique des pays voisins de la Libye. Le Caire cherche à trouver « un terrain d’entente, des positions de consensus, qui permettent de dépasser le tournant actuel dans la crise libyenne », a souligné M. Choukri. « Une solution politique est la seule voie pour résoudre la crise en Libye », a-t-il précisé en présence du ministre algérien délégué aux Affaires africaines, maghrébines et de Ligue arabe, Abdelkader Messahel, ainsi que de ses homologues de Tunisie, de Libye, du Tchad, du Niger, du Soudan mais aussi de l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler.
La position exprimée par le chef de la diplomatie égyptienne, qui a réitéré son refus de « toute ingérence étrangère dans les affaires libyennes », est sur le papier un sérieux coup de pouce au processus de normalisation politique et institutionnelle en Libye. Elle est d’un soutien important à l’analyse que fait l’Algérie du conflit libyen et des solutions politiques à lui apporter en dehors de tout favoritisme accordé aux deux autorités politiques qui se disputent le pouvoir: le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, et le Parlement élu de Tobrouk qui a apporté son soutien à l’Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée par le maréchal Khalifa Haftar.
L’importance des déclarations du chef de la diplomatie égyptienne tient au fait que son pays, comme les Emirats arabes unis ou encore la Jordanie, compte parmi les soutiens au maréchal Haftar. Les autorités égyptiennes ont récemment reçu les représentants de ces autorités rivales: le chef du gouvernement d’union nationale Fayez al-Sarraj, le président du Parlement de Tobrouk, Aguila Saleh, ainsi que le maréchal Khalifa Haftar. Ce qui augure de nouvelles actions pour inciter les parties en conflit à parachever le processus onusien pour le règlement de la crise dans la cadre de l’accord politique signé le 17 décembre 2015. « Malgré les victoires remportées récemment dans la lutte contre le terrorisme, à Benghazi ou encore à Syrte, le terrorisme ne sera éradiqué de manière définitive en Libye qu’avec une solution politique », a averti Sameh Choukri.
Abdelkader Messahel s’est entretenu, hier, avec le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui. Les deux responsables ont selon l’APS réitéré leur « soutien au processus de dialogue entre les belligérants libyens pour parvenir à une solution politique consensuelle qui permette au peuple libyen frère de préserver sa souveraineté, son unité et son intégrité territoriale et de créer ses institutions de façon à renforcer la lutte antiterroriste dans le cadre de la concorde et de la réconciliation nationale ». Ils ont réitéré leur appel à « faire prévaloir l’intérêt suprême de leur pays et appuyer le processus politique pour parvenir à un règlement du conflit ».
Pour quel impact ? Le terrain reste plus que jamais fluctuant mais ce consensus régional sur le fait qu’il n’y aurait pas d’issue fiable à la crise libyenne sans un accord politique est à relever et peut constituer un levier aux Libyens de Tripoli et de Tobrouk de tenter un rapprochement auquel appellent les puissances occidentales aussi.