Deux agents des forces de l’ordre ont été tués et cinq autres blessés dimanche soir dans l’explosion d’une voiture piégée visant un check-point dans la ville libyenne de Sebha (sud), ont indiqué des médias de source policière. « Une voiture piégée a explosé au moment où elle franchissait un barrage déployé par les forces de l’ordre », a déclaré un responsable de la police cité par l’agence AFP, à Sebha, ville désertique située à 750 km au sud de Tripoli. « Deux agents de sécurité (grade de capitaine) ont été tués, cinq autres ont été blessés et d’importants dégâts matériels sont à déplorer », a ajouté cette source. L’explosion n’a pas été revendiquée dans l’immédiat. Des images diffusées par la presse locale montrent des véhicules des forces de l’ordre sérieusement endommagés, entourés de débris de l’explosion. Chef-lieu du Fezzan, la province sud de la Libye, Sebha est contrôlée par l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen. Elle a été le théâtre de plusieurs attaques armées ces dernières années. La Libye a sombré dans le chaos après la révolte populaire ayant provoqué la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Une crise politique majeure – avec des autorités rivales dans l’est et dans l’ouest du pays -, combinée à une désintégration de l’appareil sécuritaire, a favorisé l’arrivée dans le pays d’Afrique du Nord de groupes terroristes comme Daech. Après la perte de ses fiefs autour des villes de Syrte (nord-centre) et de Derna (est) en 2018, l’organisation terroriste autoproclamée Etat islamique (EI/Daech) s’est considérablement affaibli et ses membres se sont repliés dans le désert ou se sont fondus dans la population sur la côte méditerranéenne. Cette explosion intervient alors que le pays est engagé dans un processus politique parrainé par l’ONU ayant permis l’installation, en mars, d’un gouvernement de transition chargé de réunifier le pays et de préparer un double scrutin législatif et présidentiel crucial prévu en décembre.