Plusieurs dizaines de migrants secourus par un cargo au large des côtes libyennes alors qu’ils tentaient d’atteindre l’Europe, sont bloqués à bord depuis une semaine, refusant d’être débarqués dans le port de Misrata (ouest),

craignant détention et abus, a annoncé vendredi Amnesty international. Les autorités libyennes, européennes et panaméennes doivent faire en sorte qu’au moins 79 réfugiés et migrants se trouvant à bord d’un navire marchand au port de Misrata ne soient pas forcés de débarquer ou conduits dans un centre de détention où ils pourraient faire l’objet de tortures et d’autres abus », selon un communiqué de cette organisation. Quelque 95 migrants, dont des enfants et des nourrissons, ont été interceptés en Méditerranée le 8 novembre et secourus par un navire marchand battant pavillon panaméen, le Nivin. Ils ont ensuite été conduits au port de Misrata dans l’ouest de la Libye, ce qui constitue, selon Amnesty, une « violation flagrante des lois internationales étant donné que la Libye n’étant pas un lieu sûr pour les débarquer ». « Selon le droit international, nul ne devrait être contraint d’aller là où sa vie serait en danger », a rappelé Amnesty. Depuis leur arrivée à Misrata, le
10 novembre, ces migrants refusent de quitter le bateau, à l’exception de 14 personnes, dont un bébé de quatre mois, qui ont accepté de débarquer jeudi. Amnesty a également appelé « les autorités libyennes à accélérer l’ouverture d’un centre de traitement, longuement attendu, pouvant accueillir jusqu’à 1 000 réfugiés et demandeurs d’asile, leur permettant ainsi d’être relogés hors des centres de détention ». Selon le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), les 95 réfugiés et migrants à bord du Nivin étaient originaires d’Ethiopie, Erythrée, Soudan du Sud, Pakistan, Bangladesh et de Somalie. « Le HCR suit de près la situation des 14 personnes qui ont débarqué et d’assurer qu’elles ont accès à l’assistance nécessaire », indique le HCR dans un communiqué