L’Allemagne a demandé vendredi au Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj de reporter son départ annoncé pour la fin octobre, le temps d’avancer dans les pourparlers politiques de retour de la paix. Après la signature d’un accord de cessez-le-feu il y a une semaine, «les pourparlers internes libyens sur le processus politique ont également pris un bon départ», a jugé le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas dans un communiqué, après une conversation téléphonique avec Fayez al-Sarraj. Si Berlin respecte la décision du chef du gouvernement d’union nationale (GNA) de quitter ses fonctions, «nous souhaiterions cependant que M. al-Sarraj reporte sa démission pour le moment et reste en fonction pour l’instant», a-t-il ajouté. «Cela serait important pour assurer la continuité institutionnelle et exécutive à la tête du gouvernement libyen en ces semaines cruciales», a argumenté le chef de la diplomatie allemande, ajoutant voir dans les pourparlers actuels «une réelle opportunité de progresser vers la paix en Libye». En septembre, le chef du gouvernement libyen avait annoncé être prêt à quitter ses fonctions d’ici le 31 octobre pour céder la place à un nouvel exécutif issu de ces pourparlers interlibyens. Plongée dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est déchirée aujourd’hui entre deux autorités rivales: le Gouvernement d’union nationale basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, et le camp du maréchal Haftar, homme fort de l’Est. Les délégations militaires des deux camps ont signé la semaine dernière un accord de cessez-le-feu permanent parrainé par les Nations unies qui prévoit des dispositions censées mettre ce pays en guerre sur la voie d’une solution politique durable. Selon un compte-rendu de l’entretien téléphonique avec M. Maas diffusé à Tripoli par le GNA, M. al-Sarraj a indiqué avoir reçu «de nombreux appels» à rester temporairement au pouvoir, notamment de «dirigeants de pays amis» et ce afin d’éviter «tout vide politique». Sans y répondre directement, il a «remercié tout le monde pour la confiance placée en lui», indiquant que «tout ce à quoi il aspire est que la Libye puisse surmonter cette épreuve et qu’elle arrive à bon port». <