Cet Accord arraché par l’ONU il y a deux ans est arrivé à expiration hier. L’enjeu est de le maintenir à flot et de poursuivre les initiatives de rapprochement des parties libyennes en conflit.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia s’est entretenu hier à Alger avec le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’Entente nationale de Libye GNA, Fayez Serradj, sur les perspectives de la stabilité et de la sécurité en Libye. Il était également question de la coopération politique bilatérale en prévision de la tenue de la Haute commission mixte algéro-libyenne prévue au début de l’année prochaine. A l’issue de cet entretien qui a eu lieu au siège du Premier ministère, Fayez Serradj a déclaré que « cette visite s’inscrit dans le cadre de la consultation permanente entre les deux pays », soulignant « la convergence de vues entre les deux parties ». Il a salué, dans ce sens, « le soutien de l’Algérie depuis le début à la stabilité de la Libye et à l’Accord politique », signé le 17 décembre 2015 sous l’égide de l’ONU. Cependant, cet accord qui pour l’heure reste la seule référence politique entre les parties libyennes en présence est toujours contesté. Khalifa Haftar a estimé hier que cet accord a tout simplement expiré. L’accord signé il y a deux ans à Skhirat sous l’égide de l’ONU prévoyait la formation du GNA pour un mandat d’un an renouvelable une seule fois. Le maréchal Haftar n’a jamais reconnu ce gouvernement et se considère comme l’homme fort du moment. Le mandat du GNA dirigé par Fayez Al-Sarraj a expiré théoriquement depuis hier, mais il reste, en attendant de nouvelles négociations, un interlocuteur incontournable dans l’imbroglio libyen. Le Conseil de sécurité de l’ONU a d’ailleurs prévenu jeudi que l’accord du 17 décembre 2015 « demeure le seul cadre viable pour mettre fin à la crise politique en Libye », en attendant la tenue d’élections prévues en 2018. Haftar, qui semble vouloir mettre la pression sur ses adversaires, a estimé que la date du 17 décembre marquait « un tournant historique et dangereux » avec « l’expiration de l’accord politique libyen ». « Tous les corps issus de cet accord perdent automatiquement leur légitimité contestée dès le premier jour de leur prise de fonction », a-t-il dit. Régulièrement accusé de vouloir prendre le pouvoir et instaurer une dictature militaire, Haftar a indiqué avoir été «menacé de mesures internationales fermes » s’il osait prendre des initiatives en dehors du cadre mis en place par la communauté internationale et la mission de l’ONU en Libye. L’envoyé spécial de l’ONU en Libye Ghassan Salamé a indiqué de son côté que les Libyens en avaient «marre de la violence » et « considéraient le processus politique comme la seule voie vers la stabilité et l’unité de leur pays ». « J’exhorte ainsi toutes les parties à écouter leurs voix et à s’abstenir de toute action qui pourrait menacer le processus politique », a déclaré le représentant de l’Onu. Des efforts pour maintenir l’option politique comme la seule alternative pour le peuple libyen sont consentis notamment par les Etats voisins de la Libye directement concernés par la situation dans ce pays.
Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel a dans ce sens pris part à Tunis, à la réunion ministérielle tripartite (Algérie-Egypte-Tunisie) sur la situation en Libye. Une rencontre qui permettra « aux ministres des Affaires étrangères des trois pays de passer en revue les derniers développements intervenus en Libye en relation, notamment, avec l’évolution du processus de règlement de la crise libyenne, et d’examiner l’ensemble des moyens à même d’être mis à contribution pour favoriser la résolution rapide du conflit, dans le cadre de l’Accord politique libyen du 17 décembre 2015 », a souligné la diplomatie algérienne.