Par Salim Benour
Le ministre d’Etat britannique pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, James Cleverly a appelé au retrait sans plus tarder de toutes les forces étrangères de Libye. «Notre position était claire, nous approuvons le retrait sans plus tarder de toutes les forces étrangères et mercenaires de Libye», a déclaré jeudi 10 juin ce responsable lors d’une conférence de presse tenue à Tripoli, avec la ministre libyenne des Affaires étrangères, Najla al-Mangoush.
«Les Libyens ont maintenant une réelle opportunité d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de leur pays», a-t-il soutenu, estimant que «la prochaine étape sera la tenue des élections en décembre».De son coté la cheffe de la diplomatie libyenne, a salué «la disposition du Royaume-Uni à fournir un appui technique pour soutenir le processus politique et l’échéance électorale». «Nous soulignons l’impératif de coordonner et de renforcer les positions internationales vis à vis de la crise libyenne par la création d’un groupe pour la stabilité de la Libye sous une direction libyenne, et nous aspirons à un soutien du Royaume-Uni pour cette vision», a-t-elle indiqué
La position du Royaume-Uni en ce qui concerne le dossier libyen conforte à l’échelle internationale l’orientation algérien d’encourager au maximum les initiatives interlibyennes de parvenir à la normalisation politique, sécuritaire et institutionnelle de la situation dans leur pays. Elle constitue un signe positif à la veille de la deuxième conférence internationale sur la Libye qui doit se tenir à Berlin le 23 juin prochain avec une participation algérienne déjà marquée par l’engagement au profit d’un règlement définitif de la crise dans ce pays voisin.
Après avoir reçu fin avril la ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre libyen, Najla al-Mangoush et Abdelhamid Dbeibah, les autorités algériennes viennent d’accueillir pour des consultations les vice-présidents du Conseil présidentiel libyen, qui ont achevé leur visite de travail jeudi dernier. Moussa Al-Koni et Abdullah Al-Lafi ont évoqué en Algérie «les derniers développements du dossier libyen, notamment la gestion de la phase transitoire conformément à la feuille de route convenue et le dossier de la réconciliation nationale dans ce pays frère», selon un communiqué officiel. Mercredi, les deux responsables ont été reçus par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait affirmé «le soutien sans limite de l’Algérie aux frères libyens pour la reconstruction de l’Etat libyen à même de préserver sa souveraineté et son unité».
Le chef de l’Etat a réitéré «la disposition de l’Algérie à abriter les rencontres de réconciliation nationale, en réponse aux demandes des frères libyens». Parmi les scénarios possibles après la conférence de Berlin, la possibilité pour l’Algérie d’abriter les discussions que les parties libyennes restent à parachever avant les élections prévues en décembre prochain. C’est ce qu’a laissé entendre le vice-président du Conseil présidentiel libyen Abdullah Al-Lafi à l’issue de l’audience qui lui a été accordée par le chef de l’Etat. «Nous attendons de l’Algérie qu’elle puisse nous aider dans les prochains processus de dialogue politique notamment lors de la prochaine période, etce, en vue de la prochaine étape des élections en fin du mois de décembre2021», a-t-il déclaré.
Dans une entrevue accordée à la chaîne qatarie «Al Jazeera», Abdelmadjid Tebboune, a rappelé que l’Algérie a refusé que Tripoli «tombe aux mains des mercenaires», ajoutant qu’«elle était prête à intervenir d’une façon ou d’une autre pour empêcher sa chute». «Quand nous avons dit que Tripoli était une ligne rouge, nous l’avons fait sciemment et les concernés ont saisi le message», a-t-il poursuivi, rappelant la position de l’Algérie qui a appelé, à la Conférence de Berlin, à la tenue d’élections générales en Libye sous l’égide des Nations Unies. «Les frères Libyens ont demandé à ce que la réconciliation libyenne se fasse en Algérie, et c’est ce qu’a confirmé le chef du gouvernement d’union nationale en Libye lors de sa dernière visite en Algérie», a rappelé le chef de l’Etat.