Leurs diplomaties espèrent apporter leur concours pour mobiliser les pays du voisinage et les partenaires internationaux pour baliser davantage le terrain pour une fin de transition libyenne sans heurts aux prochaines élections générales prévues à la fin de cette année. Une échéance sur laquelle pèse d’énormes incertitudes en raison des réalités internes au paysage politique et sécuritaire en Libye. Le prochain rendez-vous prévu sur le dossier libyen est prévu le 12 novembre prochain à Paris.

Par Kahina Terki
Lundi 1er novembre à Alger, les ministres algérien, tunisien et libyen des Affaires étrangères ont publié un communiqué commun par lequel ils affirment leur engagement pour la tenue des élections prévues en Libye et le succès de la difficile transition en cours dans ce pays. Les ministres algérien et Tunisien se sont dits mobilisés par ailleurs pour impliquer l’ensemble des Etats du voisinage libyen pour favoriser le règlement de la crise politique, institutionnelle et sécuritaire en Libye concrétiser les échéances prévues dans ce pays. La rencontre entre Ramtane Lamamra, Othman Jerandi et Najla Al-Mangouche a été une occasion pour les ministres d’échanger les vues sur les prochaines réunions autour de la Libye, notamment la Conférence de Paris, note la même source, relevant «le rôle prépondérant que devrait accomplir l’Etat de Libye en tant que principal partenaire à cette conférence» qui aura lieu vendredi 12 novembre dans la capitale française. Ce rendez-vous important interviendra à un mois d’élections générales censées mettre fin à une décennie de conflit en Libye. Des élections qui devaient concerner les présidentielles et les législatives en même temps mais qui pourraient ne se limiter qu’aux législatives en raison de divergences et de tensions entre le gouvernement de transition à Tripoli et le Parlement de Tobrouk sur lequel pèse Khalifa Haftar et ses partisans. La ratification le 9 septembre d’une loi électorale – manifestement taillée sur mesure pour l’homme fort de l’Est libyen – a provoqué une montée de ces tensions jusqu’à inciter des observateurs à douter du respect du calendrier par les parties libyennes, celle de l’Est en particulier bien que la ministre des affaires étrangères, Najla Al-Mangouche, a déclaré elle aussi, en août dernier, qu’un report du scrutin n’était pas exclu.
Alger, comme de nombreuses capitales, plaide pour le maintien du calendrier électoral et le départ des forces étrangères et des mercenaires du pays. En décembre 2020, l’ONU estimait à quelque 20 000 le nombre de mercenaires et combattants étrangers en Libye : des Russes du groupe privé Wagner, des Tchadiens, des Soudanais ou encore des Syriens. Plusieurs centaines de militaires turcs sont eux aussi présents en Libye en vertu d’un accord bilatéral conclu avec le précédent gouvernement de Fayez Al-Sarraj de Tripoli. Avec ses homologues tunisien et libyenne, le 1er novembre dernier, Ramtane Lamamra a exprimé une «détermination à poursuivre les efforts communs, en étroite collaboration avec les pays du voisinage libyen, pour assurer les «préparatifs et la réussite des élections». Il a, également, été question «de fédérer les institutions, assurer le retrait des mercenaires, combattants et forces étrangères, et soutenir les efforts de réconciliation nationale, conformément aux conclusions des conférences de Berlin et aux résolutions du Conseil de sécurité y afférentes». Les ministres ont également salué «le succès» de la Conférence ministérielle de soutien à la stabilité de la Libye, tenue le 21 octobre dernier à Tripoli, qui a vu une forte participation internationale et consacré «une nouvelle approche de traitement de la situation en Libye, basée sur les principes d’appropriation nationale, de partenariat efficace et de la responsabilité commune». n