Le 21 janvier dernier, le chef de la diplomatie égyptienne déclarait que son pays allait œuvrer pour des « pourparlers directs » entre le gouvernement de Tripoli et le Parlement de Tobrouk.

Sameh Choukri s’exprimait alors à l’issue d’une réunion au Caire des «pays voisins» de la Libye et après que les autorités égyptiennes aient reçu les représentants des autorités libyennes rivales : le chef du GNA Fayez al-Sarraj, le président du Parlement de Tobrouk, Aguila Saleh, ainsi que le maréchal Khalifa Haftar. Lors d’une conférence de presse, le ministre égyptien des Affaires étrangères a indiqué «concentrer» son «action» pour réunir les dirigeants libyens autour d’un dialogue direct, pour «renforcer la confiance et la compréhension, et trouver une vision commune» entre les parties libyennes en conflit. «La volonté d’organiser cette réunion est là, sa date sera décidée en fonction des engagements des dirigeants libyens», a-t-il souligné à l’issue de discussions avec Abdelkader Mesahel, ministre algérien chargé des Affaires africaines et maghrébines, ainsi que ses homologues de Tunisie, du Tchad et du Niger, mais aussi l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler. A l’évidence, les discussions du Caire semblent être porteuses de résultats positifs. Hier, et dans un entretien avec le quotidien romain Corriere della Sera, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj a confirmé une «rencontre prochaine au Caire» avec son rival, le maréchal Khalifa Haftar. «Je confirme, elle devrait avoir lieu bientôt, je crois avant un mois, peut-être dans les prochains jours», a répondu M. Sarraj, interrogé par le journal. Cette rencontre se fera «directement et sans médiateur», a ajouté le chef du GNA en affirmant qu’en se parlant « les yeux dans les yeux» les parties libyennes en conflit peuvent aboutir à un consensus de règlement de la crise politique qui, de facto, partage la Libye en deux parties : celle de l’Ouest et de l’Est. «Ensemble nous pouvons y arriver», a poursuivi M. Sarraj pour qui il n’existe pas de solution militaire au conflit en Libye : «Le risque est très élevé. Insister seulement sur le pouvoir des armes nous précipiterait dans une guerre civile sanguinaire avec des massacres et une anarchie encore plus graves», a-t-il dit. Peu après sa nomination à la tête du GNA, M. Sarraj avait rencontré le maréchal Haftar une première fois à son QG à Al-Marj dans l’est du pays en janvier 2016. Mais sans résultat. Le face à face prévu au Caire entre Fayel al-Sarraj et le maréchal Haftar découle d’un lent et laborieux processus diplomatique appuyé par les pays du voisinage, dont l’Algérie, ainsi que par les puissances occidentales qui souhaitent un rapprochement entre les parties en conflit. Il indique que la pression par les partenaires régionaux et internationaux a été suffisamment forte, notamment par Le Caire, considéré comme un soutien au maréchal Haftar, pour que cette rencontre directe ait lieu. Enfin, elle conforte pour une large partie la position algérienne : un «dialogue politique inclusif réunissant les véritables acteurs libyens qui décident de l’avenir de leur pays dans le cadre de l’Accord politique signé le 17 décembre 2015», a résumé Abdelkader Messahel récemment.