L’Algérie a salué, hier, l’accord de cessez-le-feu global en Libye signé entre les parties libyennes en conflit et ayant pris part au dialogue de la commission militaire conjointe (5+5), tenu dans la ville suisse Genève, sous l’égide des Nations unies. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, cet accord constitue «une véritable lueur d’espoir pour la réussite du processus de dialogue national inclusif en vue de parvenir à un règlement politique pacifique» du conflit libyen. L’Algérie appelle «toutes les parties libyennes à se conformer et appliquer cet accord» et rappelle sa position «en faveur d’un règlement politique pacifique via le dialogue inter-libyen devant mener à l’établissement d’institutions politiques légitimes et unifiées, à travers des élections intègres, transparentes et fédératrices».

Vendredi 23 octobre, les deux parties rivales en Libye ont signé un accord de cessez-le-feu permanent avec «effet immédiat», après cinq jours de discussions à Genève, organisées sous l’égide de l’ONU qui a salué un «tournant» pour la paix dans ce pays rongé par les violences. «Les deux délégations libyennes (…) ont signé un accord de cessez-le-feu complet, national et permanent avec effet immédiat» au siège de l’ONU à Genève, a annoncé Stephanie Williams, cheffe par intérim de la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul). Les deux parties ont convenu que «toutes les unités militaires et les groupes armés sur la ligne de front doivent retourner dans leurs camps, a ajouté Mme Williams. Ce sera accompagné du départ de tous les mercenaires et combattants étrangers de tout le territoire libyen, terre, air et mer, dans un délai maximum de trois mois à partir d’aujourd’hui, a-t-elle poursuivi. Pour sa part, le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a salué «une étape fondamentale vers la paix et la stabilité en Libye», appelant «les acteurs régionaux à respecter les dispositions de l’accord de cessez-le-feu et à s’assurer de son application sans retard».
Fayez Sarraj, chef de file du Gouvernement d’union nationale (GNA), qui était absent à Genève tout comme le maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, a salué le rôle de la Manul dans l’aboutissement de cet accord pour «une paix basée sur la justice et des garanties qui éloignent le spectre de la guerre et des troubles dans notre pays». Le maréchal Haftar n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat à l’annonce de l’ONU. Les deux camps rivaux avaient annoncé, en août, une cessation des hostilités et les négociations s’étaient accélérées ces dernières semaines pour définir les conditions d’une trêve durable. Le maréchal Haftar a tenté, entre avril 2019 et juin 2020, de conquérir militairement Tripoli, sans succès. Ces combats ont fait des centaines de morts et fait fuir des dizaines de milliers de personnes. Pour la population, épuisée par le conflit et les divisions, ce cessez-le-feu permanent représente une lueur d’espoir.

Soutien international
Les Etats-Unis se sont félicités de l’accord, exhortant «les acteurs intérieurs et extérieurs à soutenir la mise en œuvre de bonne foi de l’accord. Pour Washington, «l’accord est un progrès majeur vers la réalisation des intérêts qu’ont tous les Libyens à la désescalade, la stabilité et le départ des combattants étrangers», indiquait hier un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis en Libye. «Nous exhortons les acteurs intérieurs et extérieurs à soutenir la mise en œuvre de bonne foi de l’accord», précise le communiqué. En Allemagne, en première ligne dans la recherche d’un règlement politique du conflit, le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas a vu dans cet accord «une bonne base pour le développement prochain d’une solution politique». L’Italie a considéré l’accord comme un «tournant d’une importance cruciale pour la stabilité de la Libye». Le Qatar et l’Arabie saoudite ont également marqué leur satisfaction, espérant que cet accord ouvre la voie à la consolidation d’une entente politique complète et profite à une économie exsangue. La France a également salué l’accord de cessez-le-feu comme «une étape importante vers une Libye souveraine, stable et unie». Selon la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll, Paris «se félicite de la tenue prochaine du dialogue politique inter-libyen en Tunisie» et déclare que «les voisins de la Libye devront être pleinement parties prenantes de ce processus» de paix.
De son côté, l’Union européenne a salué une «bonne nouvelle». «Mais sa mise en œuvre est aussi importante car elle sera la clef pour la reprise des négociations politiques», a déclaré Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. La Turquie a, elle, mis en doute la viabilité du cessez-le-feu. Soulignant que l’accord n’avait pas été conclu «au plus haut niveau», le président Recep Tayyip Erdogan a estimé qu’il «semblait manquer de crédibilité».
«Au vu de sa position en tant qu’Etat voisin de la Libye avec laquelle elle partage des liens historiques et humanitaires étroits ainsi qu’en sa qualité de membre dans le processus de Berlin, l’Algérie, a indiqué, hier, le ministère des Affaires étrangères dans son communiqué, «ne ménagera aucun effort pour parvenir à une solution politique pacifique qui garantisse l’unité et la souveraineté du peuple libyen pour vivre dans la sécurité et la stabilité, loin de toute ingérence étrangère». <