L’armée égyptienne a annoncé hier la libération de 13 Egyptiens kidnappés dans l’est de la Libye, pays en proie au chaos et à l’insécurité depuis 2011. Les 13 Egyptiens «avaient été kidnappés par un groupe criminel armé dans la région d’Ajdabiya» en Libye, a indiqué le porte-parole de l’armée égyptienne, le colonel Tamer al-Rifaï dans un communiqué.

Leur libération a été rendue possible grâce à la «coordination avec le commandement général de l’armée libyenne», écrit le communiqué égyptien sans autre précision. Le porte-parole de l’armée a également partagé des photos des 13 hommes à l’apparence modeste, au poste-frontière de Salloum entre la Libye et l’Egypte. La Libye est en proie à l’anarchie depuis la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi et le pays est miné par les rivalités opposant ses différentes milices et tribus. En février 2015, le groupe djihadiste Etat islamique (EI) avait diffusé une vidéo montrant la décapitation d’hommes présentés comme 21 chrétiens coptes, majoritairement Egyptiens, enlevés en Libye. En représailles, l’Egypte avait mené des raids en Libye contre des positions de l’EI. Des milliers de travailleurs égyptiens qui étaient installés en Libye avaient par la suite regagné leur pays. L’Armée nationale libyenne (ANL) est loyale au maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort dans l’est de la Libye et le rival de Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale. Sur un autre plan, près de 200 migrants nigériens qui étaient détenus dans des centres de rétention dans la capitale libyenne ont été rapatriés hier, a constaté un photographe de l’AFP. Les migrants ont été rapatriés par avion depuis l’aéroport de Mitiga, à l’est de Tripoli, en coordination avec l’organisation internationale de la migration (OIM). Selon un porte-parole du bureau de lutte contre l’immigration clandestine à Tripoli, 50 femmes et quatre enfants font partie du groupe rapatrié. De nouveaux départs sont prévus dans les semaines à venir et concerneront un total de plus de 900 migrants, a ajouté le lieutenant Hosni Abou Ayana. En 2016, l’OIM «a assisté 1.589 migrants, volontairement rapatriés vers leur pays d’origine», en donnant la priorité «aux plus vulnérables», selon le site de l’organisation. Les passeurs de migrants clandestins profitent du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des départs ont lieu depuis l’ouest du pays, à destination de l’Italie qui ne se trouve qu’à 300 kilomètres. Les Européens envisagent des mesures pour bloquer l’arrivée de milliers de migrants depuis la Libye. Ces mesures alarment les ONG, qui redoutent de mauvais traitements à l’encontre des migrants qui resteraient bloqués en Libye. En l’absence d’une armée ou d’une police régulières, plusieurs milices font office de garde-côtes tout en étant souvent accusées de complicité voire d’implication dans ce trafic lucratif.