Depuis hier, les Algériens ont pu renouer avec le culte, avec la réouverture des mosquées, avec la « gastronomie » vu que restos et estaminets sont de retour, et avec le plaisir de sentir le sable entre ses orteils, les plages n’étant plus interdites à la baignade.
Une bonne nouvelle pour le citoyen lambda qui voudrait se replonger sans sa vie
« normale » d’avant la Covid-19. Le gouvernement, en autorisant le retour des mosquées, plages, cafés et restos dans l’activité cultuelle et économique, a dû mesurer les conséquences d’un second délestage d’un confinement qui a élimé une économie vacillante et des libertés frissonnantes. Ce même gouvernement compte sur la fibre du bon sens du citoyen pour faire barrage à la multiplication des cas de contaminations qui pourraient résulter du déconfinement du 15 août.
Ce même citoyen qui n’hésite pas à mettre sa vie en danger et celle de ses proches à la vue d’un sachet de lait, d’un sac de semoule ou d’un attroupement devant un bureau de poste. Nul doute que la gestion des mosquées de plus de mille personnes ne posera pas de problèmes, avec la règle innovante de ramener son tapis de prière, de se conformer au test de température corporelle, et surtout en l’absence des salles d’ablutions. Respecter la distanciation sociale ne sera surement pas un problème.
Mais comment pourrait-elle l’être dans des gargotes et semblant de restos quand il faut n’occuper qu’une table sur deux, sachant que la plupart n’en disposent que d’une dizaine au plus ? La même remarque collera facilement aussi aux cafés. Pour les plages, nul doute de même que le sable qui fut blanc sera tout aussi bondé que les parkings sauvages avoisinants entre les mains de voyous racketeurs et assassins déguisés en
« parkingueurs ». La mafia du sable est toujours là, tapie, attendant le retour aux
« affaires ». Et ce ne seront pas quelques gendarmes ni police des plages qui pourront s’y opposer et faire respecter la loi.
Il est encore trop tôt, bien sûr, de faire une projection de bilan du déconfinement, deuxième du nom. Peut-on compter vraiment sur le bon sens du citoyen pour le respect des règles sanitaires ? Peut-on espérer un sursaut salutaire qui aboutirait à une libération des lits, saturés, des hôpitaux ?
Pour le moment, on ne pourra que prendre un bon café le matin au comptoir du coin, déguster un bon repas au bord d’un rivage à la mer bleu azur, et aller prier, très fort, avec son tapis sous le bras à la mosquée la plus proche, en soirée, pour que le réveil du lendemain ne soit pas en compagnie d’un virus nommé Covid-19 !