L’Algérie participera à une conférence ministérielle sur les libertés religieuses qui aura lieu aujourd’hui et demain à Washington aux Etats-Unis. Elle sera représentée par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, qui a reçu une invitation du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo.

«La recherche et l’identification des voies comme des moyens susceptibles de contribuer à la promotion du dialogue entre les religions et les cultures seront au centre des travaux de cette conférence», précise un communiqué du ministère des Affaires étrangères. M. Messahel s’entretiendra, en marge de cette conférence, avec de hauts responsables de l’administration et du Congrès américains, indique la même source.
La rencontre, qui se poursuivra jusqu’à demain jeudi, rassemblera également des responsables gouvernementaux, des militants en faveur des droits, des membres d’organisations de la société civile, ainsi que des représentants d’organisations internationales.
«Nous avons invité les autorités de plus de 80 pays qui ont fait preuve en faveur de la liberté religieuse et qui se sont engagées à promouvoir l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ou qui ont récemment pris des mesures significatives pour y parvenir», a indiqué le département d’Etat dans le communiqué annonçant l’évènement. Les Etats-Unis ont convié à cette réunion 175 représentants de la société civile et 100 chefs religieux. Il est attendu que le vice-président, Mike Pence, prononce un discours lors de la réunion plénière pour souligner l’importance de la liberté de croyance et la politique américaine dans ce domaine.
Cette rencontre sera une occasion pour l’Algérie pour clarifier sa politique en matière du respect des libertés religieuses consacrées par la Constitution de février 2016. A chaque occasion, les responsables algériens rappellent que les lois de la République garantissent la liberté de culte et préservent les droits culturels des Algériens quelle que soit leur confession.

L’Algérie accablée par des rapports
Bien que son cadre juridique garantisse la liberté de culte, l’Algérie fait l’objet régulièrement de critiques de la part d’ONG de défense des droits de l’homme, du département d’Etat américain, mais aussi de quelques organes des Nations unies. Tous accusent l’Algérie de piétiner les libertés religieuses. Début juillet, un expert indépendant membre du Comité des droits de l’homme a demandé à la délégation algérienne chargée de présenter le rapport de l’Algérie sur l’Etat d’application du Pacte international relatif aux droits civil et politique de lui fournir des explications sur l’attitude de l’État en matière de liberté de culte, notamment pour les personnes qui ne pratiquent pas le jeûne durant le Ramadhan et la fermeture des églises.
Dans un rapport déposé au comité des droits de l’homme, Amnesty International a demandé aux autorités algériennes de revoir sa législation pour garantir dans les faits la liberté de culte. Dans d’autres rapports, Amnesty a demandé à l’Algérie de cesser toute poursuite judiciaire contre les membres de la communauté Ahmadite en Algérie. Publié le 29 mai dernier, le rapport du département d’Etat américain sur les libertés religieuses dans le monde a souligné ce qu’il qualifie d’«atteintes» à la liberté de culte en Algérie. Le document parle de fermeture d’église, de restriction à l’importation de livres chrétiens, de refus de visas pour les professionnels religieux désirant venir en Algérie. Le rapport indique, en outre, que les organisations chrétiennes en Algérie ont dû limiter leurs activités en raison des restrictions qu’elles rencontrent.
Lors de l’examen de la situation des droits de l’homme par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies en mai 2017, l’ONG Alliance Defending Freedom a publié un rapport dans lequel elle estime que l’Algérie devrait faire en sorte que les membres des minorités religieuses puissent exercer leur liberté de pensée, de conscience et de religion, s’agissant du culte, du respect des règles, de la pratique et de l’enseignement.