PAR NAZIM B.
L’Organisation non-gouvernementale (ONG) Amnesty international (AI) a dressé des critiques envers les autorités en ce qui concerne les libertés publiques et les actions politiques, déplorant que des partis politiques «se retrouvent dans le collimateur des autorités».
«Au cours du seul mois de janvier, les autorités algériennes ont suspendu un parti politique et menacé deux autres de subir le même sort», a indiqué hier Amnesty International. Elle reproche également aux autorités d’avoir «aussi condamné le leader d’un parti politique à deux années de prison pour avoir exprimé ses opinions contre la répression dans le pays», allusion au coordinateur du MDS, Fethi Ghares, dont le procès en appel est programmé pour le 22 février.
Pour AI, «l’Algérie doit en finir avec sa répression implacable contre toutes les formes de dissidence», soulignant que le droit international relatif aux droits humains et la Constitution algérienne «garantissent les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique pour les partis politiques». C’est pourquoi, la même organisation non-gouvernementale dit appeler les autorités à «cesser immédiatement leurs attaques contre les libertés fondamentales en Algérie».
Dans son plaidoyer, AI a cité la décision, annoncée le 20 janvier dernier, du Conseil d’Etat portant sur la suspension «provisoire» du Parti socialiste des travailleurs (PST), le contraignant à cesser toutes ses activités et à fermer ses locaux. Le même Conseil d’Etat, a ajouté l’ONG, «a rejeté une autre demande du ministère de l’Intérieur concernant la suspension de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), qui attend un jugement sur le fond de cette affaire». Le 6 janvier 2022, le ministère de l’Intérieur a adressé au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) «un avis officiel lui demandant de se conformer à la Loi n° 12-04 sur les partis politiques».
L’ONG considère qu’«aucune restriction ne doit être imposée à l’exercice de ce droit, à l’exception de celles prescrites par la loi et nécessaires dans une société démocratique, dans l’intérêt de la sûreté nationale ou de la sécurité publique», ajoutant qu’organiser «des meetings pour débattre de la situation politique ou exprimer des opinions critiques ne doit jamais donner lieu à la suspension ni à la dissolution d’un parti politique».
Amnesty international s’est indignée également sur la condamnation de Fethi Ghares à deux ans de prison et à une amende de 200 000 DA «pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression», observant que Fethi Ghares est le deuxième membre du MDS à être «illégalement» détenu pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression et de réunion après Ouahid Benhallah, condamné au mois de mai 2021 à un an de prison puis libéré trois mois plus tard, la Cour d’appel ayant réduit sa sentence à une amende de 60 000 DA.
Le rapport de l’Organisation non-gouvernementale a cité aussi la mesure de dissolution de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) qu’elle considère comme «une célèbre organisation de la société civile algérienne», jugée sur la base de «fausses accusations portant sur l’organisation d’activités ne correspondant pas à ses statuts».