Le ministre de la Justice Tayeb Louh a déclaré qu’« aucune législation au monde ne garantit à toutes les catégories, peu importe leurs croyances, le droit aux week-ends et fêtes religieuses comme c’est le cas en Algérie, où le droit de culte est consacré pour toute personne vivant sur son territoire ».

Une précision qui vient comme une clarification à des accusations récentes sur des « difficultés » d’exercer la liberté de culte en Algérie. A l’instar d’Amnesty International qui avait évoqué des poursuites en justice contre des membres de minorité religieuse dans son rapport annuel. Ou encore l’association Eglise Protestante d’Algérie qui a dit subir un « harcèlement » qui a été condamné par la ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH). Cette dernière a annoncé la fermeture de deux églises affiliées à Oran et Arzew dont l’une est accusée de tentative d’évangélisation. La LADDH avait rappelé en réaction à ces fermetures que la liberté de culte est garantie par la Constitution algérienne, « sous réserve de vérification de conformité de ces églises à la réglementation en vigueur en matière de l’exercice du culte autres que le culte musulman ». S’exprimant en marge de l’inauguration du nouveau siège du tribunal de Boufarik, Tayeb Louh a également annoncé la préparation d’un décret présidentiel relatif à la sécurisation du système informatique en Algérie. Louh a fait état de la mise en place d’une équipe de spécialistes qui prépare ce projet. Ainsi les documents émanant du secteur de la justice seront délivrés à distance dans les toutes prochaines années, annonce-t-on. « L’Algérie a dépassé beaucoup de pays en matière de modernisation de la justice, notamment en ce qui concerne la signature électronique, qui n’existe pas dans plusieurs pays européens comme la France », a indiqué le ministre.
En outre l’Algérie a réalisé de grandes avancées en matière de promotion des droits de l’Homme à la faveur des réformes à travers l’application de l’ensemble des recommandations et propositions de la Commission nationale de réforme de la justice, a noté Louh annonçant l’achèvement de la préparation du projet de loi organique relative à l’exception d’inconstitutionnalité qui sera présenté prochainement.

Lancement officiel de l’usage du bracelet électronique
Attendu avec curiosité, le coup d’envoi de l’usage du bracelet électronique a été donné par le ministre au niveau de l’établissement de rééducation et de réadaptation de Chiffa. Quatre détenus ont bénéficié de la mesure en tant que test en attendant la généralisation progressive de l’opération aux autres wilayas du pays. L’exécution de cette mesure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle politique pénale « dont l’efficacité a été attestée par les systèmes judiciaires développés de par le monde, notamment au volet réinsertion des détenus », a déclaré Louh. Cette procédure concerne toute personne condamnée à une peine ne dépassant pas trois années d’emprisonnement, pour des délits mineurs. Parmi les conditions pour bénéficier du bracelet électronique, l’obligation d’avoir un domicile fixe, que le bracelet ne nuise pas à la santé, et l’engagement à ne pas rencontrer des complices ou des victimes du crime pour lequel est puni le détenu. Le bénéficiaire du bracelet s’engage, également, à ne pas fréquenter les endroits fixés par le juge des peines. Cette technique peut localiser avec grande précision les déplacements du détenu. Le juge d’application des peines est le seul habilité à fixer le lieu d’assignation du détenu, de même que les endroits qui lui sont interdits. Toute transgression du champ géographique assigné déclenche une alerte au centre de rééducation et des services de sécurité concernés. Cette nouvelle procédure pénale entend contribuer à la réduction de la surcharge pesant sur les établissements pénitentiaires.