Le bureau politique de Talaie El Hourriyet s’est réuni, hier au siège national du parti, sous la présidence du président de Ali Benflis.

A cette occasion, le parti a exprimé son inquiétude « face au rétrécissement du champ des libertés consacrées par la Constitution, notamment la liberté de manifestation pacifique et la liberté d’expression ». Dans ce cadre, le parti n’a pas manqué de condamner «la répression du sit-in pacifique organisé par le Mouvement Mouwatana, le 12 août à la Place des Martyrs, à Alger», tout comme il a dénoncé l’interpellation de «chefs de partis politiques, de responsables d’organisations de défense des droits de l’homme et de militants du mouvement associatif, interpellation significative du mépris des pouvoirs publics pour l’opposition ». Sur le plan économique, le bureau politique a fait état « des entraves à l’investissement », citant l’exemple du «blocage du projet de l’entreprise Cevital à Béjaïa». Lequel illustre selon le parti de Benflis «le degré de politisation de l’acte économique » et la « gestion antiéconomique de l’acte d’investir». Et «un flagrant déni de droit, une décision arbitraire, un acte de sabotage économique, une violation du principe constitutionnel de la liberté d’investissement et de commerce et de l’obligation de l’Etat d’encourager l’épanouissement des entreprises, sans discrimination», dénonce le bureau politique. Le BP estime qu’il s’agit d’«une démarche antiéconomique qui porte préjudice à l’économie nationale qui ne peut être gérée par le fait du prince». Abordant en outre les récurrentes manifestations dans le Sud du pays, le parti de Benflis soutient que cette contestation «pose, inéluctablement, la problématique de l’équilibre régional en termes de développement économique et social». Pour cette formation politique de l’opposition, « force est de constater que les programmes spéciaux et les fonds mobilisés n’ont eu que des impacts peu significatifs sur le développement et la croissance des wilayas du Sud et n’ont pas contribué à améliorer les conditions de vie du citoyen et à mobiliser des facteurs de développement et de production, d’où la persistance d’un chômage endémique et la difficulté d’accès aux besoins fondamentaux de base». A cet égard, Talaie El Hourriyet qualifie de «légitime la revendication pacifique d’une mise à niveau, notamment en termes d’infrastructures d’équipements publics et de développement humain en termes de santé, éducation, habitat, formation, emploi pour les wilayas du Sud». Répondant aux allégations selon lesquelles la contestation peut être à l’origine d’une déstabilisation du pays, le bureau politique soutient que « ce ne sont pas les revendications pacifiques légitimes de nos concitoyens des wilayas du Sud qui peuvent déstabiliser le pays». A ses yeux «ce qui peut déstabiliser le pays, c’est la corruption qui ronge l’appareil politico administratif et la sphère économique. C’est la drogue qui étend ses tentacules aux différents niveaux des institutions de l’Etat». Sur le plan sécuritaire, la formation de Benflis se dit préoccupée par «la persistance de la présence d’éléments terroristes dans plusieurs régions du pays et la reconstitution de réseaux de soutien au terrorisme». A ce propos, il a salué l’abnégation, la bravoure et l’engagement des unités de l’Armée et des services de sécurité, qui traquent sans relâche les groupes terroristes pour éradiquer leurs activités criminelles et assurer la quiétude du citoyen. Evoquant les récentes opérations engagées dans la région de Skikda, le parti a rendu un vibrant hommage à la mémoire des membres de l’ANP tombés au champ d’honneur.