La filière représente 22% des projets d’investissement industriel débloqués par l’administration à la faveur de l’engagement politique du chef de l’Etat en Conseil des ministres du 21 novembre 2021.

PAR NAZIM BRAHIMI
Le ministère de l’Industrie a indiqué, hier, que 589 projets d’investissement sont désormais entrés en exploitation après la levée des obstacles, une étape qui a permis la création de 33 794 postes d’emploi.
De ce bilan des projets mis en exploitation ressort une forte présence des projets liés à l’industrie agroalimentaire au nombre de 198, soit 22% du total des projets concernés, depuis que le processus de lever les obstacles sur les projets d’investissement a été lancé sur instruction du président Tebboune lors du Conseil des ministres du 21 novembre 2021.
L’instruction a été suivie par la tenue, du 4 au 6 décembre dernier, de la Conférence nationale sur la relance industrielle à l’occasion de laquelle l’accent a été mis sur la nécessité d’augmenter la contribution de l’industrie au Produit interne brut (PIB) de 10 à 15% pour un véritable décollage du secteur.
Le secteur de la chimie-caoutchouc-plastique compte 149 projets, soit 16 % du total des projets concernés par la levée des obstacles, suivi par les industries sidérurgiques, métalliques, mécaniques, électriques et électroniques (141 projets), les services (122 projets), les matériaux de construction-céramique-verre (108 projets).
Le tourisme, autre secteur quasiment abandonné, compte 75 projets et les industries du bois-liège-papier 48 projets, les industries pharmaceutiques 38 projets, les industries textiles 14 projets, l’agriculture-pêche-sylviculture 11 projets, la santé 9 projets et l’énergie 2. A souligner que cette répartition par secteurs d’activité des projets débloqués vient en réponse aux demandes incessantes du président de la République auprès du Médiateur de la République, Brahim Merad, lors des différentes réunions du Conseil des ministres auxquelles il prend part depuis que la relance de l’investissement a été élevée au rang de priorité.
Le bilan du ministère de l’Industrie souligne également que des obstacles ont été levés sur tous les projets en suspens au niveau de 26 wilayas, dont le taux oscille entre 80 et 98 % dans 11 wilayas, 50 et 80 % dans 11 autres et moins de 50 % dans les wilayas restantes. Le même document du ministère de l’Industrie montre que le nombre de projets qui sont effectivement entrés en phase d’exploitation représente près de 70% des projets libérés par le comité national et les comités de wilaya chargés du suivi et de la levée des obstacles, soit 854 projets d’investissement jusqu’au 24 avril en cours, qui devront permettre la création de plus de 51 000 emplois.
Le Comité national et les comités de wilaya visent, globalement, à lever les obstacles sur 915 projets d’investissement achevés, mais toujours pas en phase d’exploitation pour des raisons d’ordre administratif, relevant qu’après la mise en exploitation de tous ces projets en suspens, dont la valeur totale d’investissement est estimée à 538 milliards et 193 millions de DA, 52 187 emplois seront créés. Ces investissements consistent en des projets des petites entreprises (10 à 49 emplois) à raison de 60%, contre 29% pour les projets des moyennes entreprises (50 à 250 emplois), de 7% pour les très petites
entreprises (TPE) (1 à 9 emplois) et de 5 % pour les grandes entreprises (GE) (plus de 250 emplois), selon la même source.
Cette dernière a expliqué que les raisons entravant l’entrée en exploitation de ces projets sont liées principalement aux autorisations relatives aux actes d’urbanisme, notamment le permis de construire et le certificat de conformité, à l’exploitation et aux décisions accordées par les services concernés et aux travaux relatifs aux routes.

746 projets en attente de déblocage
Cependant, et en dépit de ces chiffres qui renseignent sur l’avancée de cette opération, le ministère de l’Industrie a fait état du recensement de 746 projets en suspens en cours de réalisation en vue d’en lever les obstacles, de même que 915 projets en suspens achevés.
Ces 746 projets en suspens en cours de réalisation vont permettre la création de 48 206 autres postes d’emploi, selon le ministère de l’Industrie, qui a ajouté que, compte tenu de l’écart entre les taux de réalisation des projets et les raisons de leur retard, le Comité national œuvre à la détermination des voies appropriées.
Il s’agit de les prendre en charge dans les plus brefs délais, selon le ministère de l’Industrie, qui a affirmé que l’examen de ces dossiers se fait «au cas par cas», après que les walis aient fourni des fiches techniques détaillées sur la situation de ces projets, avec toutes les clarifications sur les raisons de leur arrêt et leur impact économique. Le département de l’Industrie a précisé, dans son document, que les entraves les plus importantes qui se dressent face aux investissements en suspens en cours de réalisation, sont les actes d’urbanisme, les décisions d’octroi de concessions, le raccordement aux différents réseaux (gaz, eau, électricité…), le changement de dénomination sociale, le financement bancaire, l’aménagement des zones industrielles, les zones d’activité, l’exploitation illégale des terres agricoles, ainsi que les poursuites judiciaires. <