Par Hamid Bellagha
Maintes fois repoussée, la réforme des subventions de l’Etat sur certains produits de consommation semble près d’être exécutée. C’est au Palais des nations, et sur invitation du président de la République, que le dernier tour de piste avant l’application des réformes va se jouer. Cette réforme qui sera, en principe, aussi bien économique que sociale, pourra délier les mains de l’Exécutif sur la question des trois familles de 12 produits de consommation. Les subventions, en effet, deviennent de plus en plus lourdes avec une facture de 2 000 milliards de DA et surtout paraissent se diluer entre des cibles qui, finalement, n’en sont pas. C’est le cas du pâtissier qui bénéficie de la subvention sur l’huile, le sucre et la farine, destinés à la fabrication du pain, mais se retrouvent détournés pour être transformés en pizza ou gâteaux à des prix prohibitifs. Un exemple parmi tant d’autres qui fera réfléchir les participants à la rencontre du Palais des nations pour une affectation judicieuse et ciblée à dessein d’instaurer un semblant de justice pour les classes les moins nanties. L’avenir sera donc libellé par une libération des prix des produits subventionnés. Il s’agira d’un transfert monétaire, synonyme d’un revenu annexe dont bénéficieront les ménages aux fins de mois difficiles. Ce sera ensuite aux deux chambres du Parlement de délibérer et d’approuver, sans aucun doute le brouillon qui leur sera remis par la commission. Toutes ces données semblent aà priori recevables et logiques entre les membres de la commission chargé des réformes, tant l’unanimité règne quant à une meilleure distribution des aides de l’Etat. La difficulté de taille réside dans la conjoncture économique mondiale caractérisée par une inflation à deux chiffres concernant tous les produits de consommations, matières premières ou produits finis. L’inflation importée pourrait brouiller les pistes et fausser les données récoltées patiemment par les maîtres de l’œuvre chargés des réformes. C’est sans doute pour cette raison que cette réforme, que Tebboune avait bien mentionné et souligné dans son programme des 54 promesses électorales, a été reportée plusieurs fois. Il s’agit aussi de savoir si la sélection des ménages ciblés ne sera pas élargie eu égard à la paupérisation d’autres franges de la société, notamment celle créatrice de richesse, la classe moyenne, et d’espérer que les aides numéraires ne soient pas la proie de tricheurs sans scrupules comme cela a été le cas pour la subvention de la rentrée des classes en direction des élèves issus de familles à faible revenu.