Le nouveau gouvernement libanais, formé après 13 mois de vide, a tenu lundi sa première réunion pour se pencher sur les tâches colossales qui l’attendent dans un pays en plein effondrement économique depuis deux ans. La séance a débuté à 11H00 (08H00 GMT) au palais présidentiel, en présence du président Michel Aoun et du Premier ministre Najib Mikati. Le gouvernement a formé un comité chargé de rédiger la déclaration ministérielle, qui sera ensuite présentée au Parlement lors de la séance de vote de confiance au nouveau gouvernement, a indiqué l’agence nationale de l’information (ANI). Le Liban était sans nouveau gouvernement depuis la démission du cabinet de Hassan Diab dans la foulée de l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth le 4 août 2020. Ce retard a aggravé la crise économique, qualifiée par la Banque mondiale d’une des pires au monde depuis 1850. Parmi les innombrables défis, le nouveau gouvernement devra parvenir rapidement à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), étape incontournable pour une sortie de crise. «J’espère que le comité ministériel veillera à ce que la déclaration ministérielle inclue la poursuite des négociations avec le FMI», a déclaré lundi Michel Aoun. A court de devises étrangères et en défaut de paiement sur sa dette, le pays connait depuis des mois de graves pénuries de carburant, de médicaments et de courant touchant à tous les aspects de la vie quotidienne. Le nouveau cabinet devra également préparer le terrain aux élections législatives prévues en mai 2022. Lundi, le ministère des Finances a annoncé avoir été informé par le FMI du versement le 16 septembre d’une aide de plus de 1,1 milliard de dollars en droits de tirage spéciaux – dans le cadre d’une aide accordée par le Fonds à plusieurs pays pour faire face aux retombées économiques de la pandémie. Cet avoir international sera déposé dans un compte spécial de la Banque du Liban (BDL), dont les réserves en dollars ont fondu depuis le début de la crise. La levée progressive des subventions par la BDL ces derniers mois n’a pas aidé à enrayer les multiples pénuries, dont le courant rationné aujourd’hui jusqu’à plus de 22 heures par jour. Les générateurs de quartier, qui prennent généralement le relais, rationnent aussi, le fioul étant devenu cher et monnaie rare. «Nous nous attèlerons à la résolution de la question des (pénuries de) carburants et de médicaments pour arrêter l’humiliation» des Libanais, a promis lundi M. Mikati. n