L’Union européenne a annoncé vendredi être en mesure d’imposer des sanctions ciblées aux dirigeants libanais, responsables du blocage politique, afin d’aider à la formation d’un gouvernement et à l’adoption de réformes pour sortir le Liban de l’impasse. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE avaient demandé au cours de leur dernière réunion le 12 juillet la mise en place d’un cadre juridique pour ces sanctions, qui a été approuvé vendredi, selon un communiqué. La liste des personnes et des entités qui seront sanctionnées doit encore faire l’objet d’un accord à l’unanimité des Vingt-Sept de l’UE. Ce cadre juridique «donne la possibilité d’imposer des sanctions à l’encontre de personnes et d’entités qui sont responsables de l’atteinte à la démocratie ou à l’État de droit au Liban», est-il précisé dans le communiqué. Les Etats-Unis se sont félicités de la décision de l’UE de «faire usage de ce moyen important pour faire rendre des comptes aux responsables dans le monde entier», dans un communiqué commun du chef de la diplomatie Antony Blinken et de la secrétaire au Trésor Janet Yellen. «Les sanctions sont destinées, entre autres choses, à forcer à des changements de comportement et à faire rendre des comptes aux dirigeants corrompus», ont-ils souligné, se disant prêts à coopérer avec l’UE sur le dossier libanais. La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE est prévue pour le 21 septembre. Le nouveau Premier ministre libanais désigné, le milliardaire Najib Mikati, 65 ans, a promis mardi de former un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais. Les sanctions européennes viseront les personnes qui feront obstacle à ce processus, selon le communiqué de l’UE. Elles consistent en une interdiction de voyager dans l’Union européenne et en un gel des avoirs des personnes ainsi que des entités concernées. En outre, il est interdit aux personnes et entités de l’UE de mettre des fonds à la disposition des personnes figurant sur la liste. L’UE se donne également les moyens de sanctionner les personnes coupables de «saper la mise en oeuvre des plans approuvés par les autorités libanaises et soutenus par les acteurs internationaux concernés, y compris l’UE, pour améliorer la responsabilité et la bonne gouvernance dans le secteur public ou la mise en oeuvre de réformes économiques essentielles», poursuit le communiqué. Sur ce dernier point, il mentionne les secteurs bancaire et financier et «l’adoption d’une législation transparente et non discriminatoire sur l’exportation de capitaux». n