Le gouvernement libanais a adopté lundi un budget d’austérité pour l’année 2019, prévoyant un déficit à 7,6% du PIB, après des années de dérapage financier. Le projet de loi doit encore être ratifié par le Parlement. Le Liban s’était engagé à adopter des réformes structurelles et à réduire son déficit budgétaire lors d’une conférence internationale parrainée en avril 2018 par Paris (CEDRE), en contrepartie de promesses de prêts et de dons à hauteur de 11,6 milliards de dollars (10,4 milliards d’euros). Le «déficit s’élèvera à 7,59% du PIB», sur la base d’une croissance économique prévisionnelle de 1,2%, a indiqué le ministre des Finances Ali Hasan Khalil, à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres. «Le déficit avait atteint 11,4% du PIB en 2018», a-t-il ajouté, ce qui représente une baisse de quatre points sur un an. A CEDRE, le Liban s’était engagé à diminuer de cinq points le ratio déficit public/PIB sur cinq ans. Au total, les dépenses publiques s’élèveront en 2019 à 25 840 milliards de livres (15,3 milliards d’euros), a indiqué le ministre des Finances. «Quant aux recettes, elles atteindront 19 600 milliards de livres (11,6 milliards d’euros)», a ajouté le ministre des Finances. Le budget pour l’année en cours devrait inclure une hausse de la taxe sur l’épargne bancaire de 7 à 10%, l’instauration d’une taxe de 2% sur les importations ainsi qu’une réduction des salaires des fonctionnaires et le gel des recrutements dans le secteur public. L’adoption de ce budget témoigne d’un «engagement réel» en faveur d’une restructuration des finances de l’Etat, s’est félicité lundi M. Kalil. «Nous travaillerons avec le plus de sérieux pour atteindre l’objectif fixé dans ce projet» qui sera complété «par les budgets des années 2020 et 2021» dans le cadre d’une stratégie «réformatrice», a-t-il assuré. Ces dernières semaines, les sit-in et manifestations des fonctionnaires de l’Etat se sont succédé pour protester contre les mesures d’austérité. «C’est un message à la communauté internationale», a dit M. Khalil, disant espérer le déblocage de l’aide promise à Paris en 2018 et l’amorce de «projets d’investissements susceptibles de relancer la croissance économique». Cumul d’une succession de déficits annuels, le Liban croule sous une dette qui dépasse 86 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB. Le service de la dette représente à lui seul 35% du budget de l’Etat, a indiqué lundi le ministre des Finances. La croissance économique s’est tassée à 0,2% en 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), à l’ombre du conflit en Syrie voisine et du recul des investissements. n