Par NAZIM BRAHIMI
En plus d’avoir été une étape importante pour consolider la coopération bilatérale entre les deux pays, la visite effectuée, hier, par le chef de la diplomatie russe à Alger, a offert aux autorités algériennes l’opportunité de mesurer davantage ce que pourraient être encore les conséquences de la guerre en Ukraine.
Les responsables algériens avaient, à l’occasion de la visite de Lavrov en Algérie, en face d’eux un des acteurs de premier plan dans la guerre qui se déroule en Ukraine avec son lot de conséquences sur les relations internationales et, particulièrement, sur les marchés pétrolier et gazier.
A l’évidence, aussi bien sur le bilatéral que sur les positions de l’un et de l’autre dans un contexte de troubles géostratégiques, Alger et Moscou semblent être sur la même longueur d’ondes. Ce qui est loin de constituer une surprise pour deux Etats qui fêtent, justement, soixante ans d’établissement de relations diplomatiques.
C’est dans ce sens, d’ailleurs, que M. Lavrov a affirmé, s’agissant du partenariat, que Moscou soutient l’initiative de l’Algérie visant à élaborer un nouveau document stratégique interétatique qui sera le reflet de la nouvelle qualité du partenariat bilatéral. Le responsable russe, qui s’est félicité de la hausse des échanges commerciaux entre Alger et Moscou, qui ont atteint l’année dernière trois milliards de dollars en dépit du contexte de la pandémie du coronavirus qui a fortement impacté toutes les activités économiques, a évoqué également le renforcement de la coopération militaire et technique qui a des racines solides et de bonnes perspectives.
Sur la situation de guerre en Ukraine et dans laquelle la Russie subit les sanctions de l’Occident, M. Lavrov a déclaré que son pays apprécie beaucoup «la position pondérée, objective et équilibrée de l’Algérie sur la question ukrainienne».
En ce qui concerne l’approvisionnement des pays de l’Union européenne en gaz, dont 47 % émanait de la Russie et 11 % de l’Algérie, dans ce contexte de guerre, les deux parties ont réitéré, à l’occasion de l’escale de Lavrov en Algérie, la position qu’ils partagent et qui consiste à se conformer aux accords qui existaient déjà bien avant l’éclatement de la crise en Ukraine. Dans ce registre, il ne fait point de doute que les deux parties vont devoir contracter des compromis où seront arbitrés les amitiés historiques et les intérêts économiques au vu de la forte sollicitation européenne pour le gaz algérien, le Vieux continent étant en quête de se libérer de sa dépendance du gaz russe.