L’Agence internationale de l’énergie (AIE) ne pouvait que s’aligner sur les dernières sorties de BP et l’Opep. Le temps est à la révision à la baisse du niveau de demande du pétrole. Les facteurs principaux de ces «sombres» perspectives sont, sans surprise, les effets de la persistance de la Covid-19. Quatre points sont mis en avant. La résurgence des cas enregistrés, les mesures de confinement locales, la poursuite du télétravail et la faiblesse du trafic aérien. Des «faits» que beaucoup espéraient voir disparaître en cette période pour signer la fin de la pandémie. Mais la Covid-19 frappe toujours, sans se soucier des frontières ni de l’âge des victimes.
Une situation montrant l’incertitude régnant sur le marché pétrolier.
La pandémie vient asseoir une réalité bien palpable depuis plusieurs années déjà. Le problème n’est plus en relation avec l’offre mais essentiellement avec la demande. Les apôtres de la fin du pétrole n’ont plus «pignon sur rue». Le développement technologique dans les domaines de prospection, de forage et de l’exploitation des gisements a permis de connaître les réserves de pétrole dans le monde. Si en 1980, c’était 684 milliards de barils, les derniers chiffres donnent 1 730 milliards de barils. Ainsi, les peurs ne peuvent pas concerner l’offre. L’évolution de cette dernière ne détermine plus, à court et à moyen termes, l’évolution du marché. Les prix échappent à l’influence de l’Opep et des autres producteurs. Tout reste concentré sur les fluctuations de la demande, et tant que la pandémie persiste, l’état des lieux ne va certainement pas changer.
Apprendre à vivre avec la Covid-19, et ses innombrables effets, même à court terme, est une réalité qui ne touche pas uniquement le citoyen lambda. Tous ceux concernés par le marché pétrolier doivent trouver des parades pour s’adapter aux conséquences. La politique des quotas appliquée par l’Opep montre de plus en plus son insuffisance. Elle est peut-être nécessaire mais loin d’être suffisante. Le temps est au changement de paradigme. Etant concernée, l’Algérie ne peut pas se voiler la face et se contenter de réagir avec le même raisonnement ayant prévalu jusqu’à maintenant. D’où l’importance de tendre l’oreille à Chems Eddine Chitour, le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables. Son intervention, il y a deux jours, sur «LSA Direct» est venue rappeler l’urgence d’un «redéploiement». En appelant à «travailler et préparer des plans en utilisant le bouquet énergétique», le Professeur montre le chemin à prendre. Un rendez-vous avec l’histoire que le pays a intérêt à ne pas rater.