Par Feriel Nourine
Les enseignants contractuels pourront participer au prochain concours de recrutement sur la base de l’expérience et du diplôme. C’est le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, qui annoncé cette nouvelle à l’adresse de cette corporation, dont les rendez-vous de contestations sont devenus chroniques pour dénoncer la «marginalisation» dont elle se dit victime en matière de recrutement.
«Le ministère a opté cette année pour le recrutement sur titre, conformément à la loi. La chance sera donnée aux enseignants contractuels de participer à ce concours en tenant compte de l’expérience et du diplôme», a indiqué à la presse M. Ouadjaout, hier, en marge du coup d’envoi des épreuves du baccalauréat.
Concernant les détails du concours, le ministre n’a livré aucune indication et les enseignants contractuels devront donc patienter pour les connaître, notamment les besoins dans les matières concernées n’ont pas encore été définis, a-t-il ajouté. Le mode recrutement évoqué hier par le premier responsable du secteur risque, cependant, de ne pas satisfaire les enseignants contractuels, sachant que le principe de leur recrutement demeure tributaire d’un concours. Or, c’est principalement contre ce principe que les actions de protestation ont été nombreuses sous la houlette de la Coordination nationale des enseignants contractuels de l’Education nationale. Cette dernière est, en effet, montée plusieurs fois au créneau pour appeler la tutelle à un recrutement sans condition de concours préalable.
Parmi les dates repères de la contestation, les sit-in organisés à l’entame de l’année en cours, dans le sillage de ceux ayant eu lieu l’année dernière, pour réclamer «l’intégration sans condition dans des postes vacants, la priorisation des enseignants remplaçants dans le recrutement, ainsi que la valorisation de l’expérience professionnelle».
Ils veulent faire valoir leurs droits à l’intégration directe sans conditions aucune, bien que les dispositions de l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006, portant statut particulier général de la Fonction publique, ainsi que l’article 22, qui stipulent qu’un employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer dans les différentes catégories de la Fonction publique sans le passage par un concours de recrutement. Or, cette catégorie, estimée à 15 000 enseignants dans les trois paliers, juge qu’«il est insensé» que la tutelle les soumette à un concours de recrutement en raison des compétences qu’ils ont acquises grâce aux années d’expérience et d’exercice sur le terrain.
Sur un autre registre, lié au contexte de la pandémie de la Covid-19 dans le secteur de l’Education nationale, M. Ouadjaout a insisté sur «la nécessité d’accorder un intérêt majeur à l’encadrement sanitaire», appelant à «intensifier le contrôle et à veiller à assurer aux élèves le transport scolaire et des repas chauds, de même que des structures sportives et de loisirs».
Concernant le baccalauréat, dont les épreuves ont débuté hier, il a rappelé que cet examen «se tient dans des circonstances exceptionnelles pour la deuxième année consécutive», affirmant que toutes les conditions ont été réunies pour assurer la réussite de ce rendez-vous qui intervient au lendemain de l’annonce des résultats de l’examen de fin de cycle primaire.