Le gouvernement a décidé hier de rendre «strictement obligatoire» le port des masques dans l’espace public à partir du premier jour de l’Aïd El-Fitr.

«Le port du masque est une obligation stricte, et enfreindre cette obligation impérative exposerait les contrevenants à des sanctions légales. L’entrée dans les espaces et autres lieux publics tels que les marchés couverts, les souks, les cimetières, les parkings et les magasins… est formellement interdite sans port de masque et respect de la distanciation physique», a-t-il été précisé dans le sillage de l’annonce de cette décision.
Mardi 19 mai, le gouvernement avait déjà indiqué de rendre «strictement obligatoire» le port des masques dans l’espace public. Il a rappelé aux Algériens «la nécessité d’observer les mesures de prévention et les règles d’hygiène et de distanciation sociale ainsi que l’obligation de porter un masque de protection, en toutes circonstances et en particulier dans les espaces publics fermés ou ouverts, tels que les marchés, les souks et les cimetières».
Ces décisions étaient prévisibles. Elles ont cependant été prises graduellement après le dernier conseil des ministres et le tour de table qu’a présidé lundi dernier le chef de l’Etat avec les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus (Covid-19). Cette réunion a sans doute été décisive dans la prise de décision de rendre obligatoire le port du masque à partir du premier jour des fêtes de l’Aid. Les différents intervenants qui ont pris la parole durant cette réunion «ont unanimement souligné que le port du masque est tout aussi efficace que le confinement sanitaire», est-il précisé dans le communiqué, qui ajoute, à ce sujet, qu’il est donc devenu «impératif de rendre le port du masque obligatoire pour tous», confirme le communiqué de la présidence de la République sur cette réunion.
Les orientations qui y ont été prises font entrer l’Algérie dans une nouvelle phase de la crise sanitaire et sa lutte contre le nouveau coronavirus, qui s’annonce moins permissive quant au non-respect des mesures de protection et de prévention convenues. Cela ne manquera sans doute de changer la face du pays puisque désormais, c’est en portant un masque que les Algériens iront prendre les transports (quand ils seront à nouveau autorisés), iront dans les espaces publics et se rendront au travail. Ainsi, il n’y aura plus de retour possible en arrière ni aucune concession à ce sujet. Une vraie révolution culturelle et sociologique qu’ils vont connaitre avec, cependant, des questions légitimes (lire article de Lyes Sakhi en page 3) sur la capacité de l’Exécutif à faire adhérer la population aux mesures prises alors qu’il annonce avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour rendre les masques disponibles au plus grand nombre.<