La sortie, hier, du Premier ministre à Blida et à Tipasa est apparue comme un rappel que le gouvernement est sur le pont pour faire face à l’épidémie du nouveau coronavirus et ses conséquences de crise sur la vie du pays. Elle est survenue comme une réponse de l’Exécutif sur les trois fronts sanitaire, anti-spéculatif et sécuritaire, et social. Elle s’est accompagnée d’un fort message de soutien au personnel médical confronté au Covid-19, de l’aveu qu’on est bel et bien en face d’une «crise sanitaire», que notre système de santé a besoin d’une «refonte totale», et de l’assurance que l’Etat ne laissera aucun Algérien sur le bord de la route.

Une semaine après la décision de placer la ville de Blida et sa proche périphérie en confinement total, le Premier ministre Abdelaziz Djerad s’est rendu sur place pour s’enquérir de la situation dans cette cité désormais considérée comme l’épicentre de l’épidémie du Covid-19 en Algérie.
C’est en tant que chef de l’exécutif gouvernemental que M. Djerad s’est rendu à Blida pour soutenir des équipes médicales éprouvées par la mobilisation en cours depuis l’apparition de la maladie et les moyens considérés comme peu importants par rapport à l’ampleur de l’épidémie.
«On ne vous a pas oubliés, on est avec vous, le président vous salue (….) vous êtes des guerriers», a-t-il dit à l’adresse des médecins. «Nous sommes avec vous, nous vaincrons», a déclaré M. Djerad. Il a également affirmé que le système de santé algérien est dans le besoin d’une «refonte totale.
«On doit penser à l’après Coronavirus. Cette crise a montré certaines insuffisances dans notre système de santé», a-t-il dit. Le Premier ministre s’exprimait lors de sa visite à l’Hôpital Frantz Fanon. Un centre où il a inauguré un nouveau service de réanimation et d’où, auparavant, ont été lancés, depuis le début de la maladie et le placement dans ses services les cas de contamination et de suspicion, plusieurs signaux d’alerte sur l’insuffisance des équipements médicaux nécessaires et les difficultés auxquelles a fait face le personnel soignant.
En raison de ces signaux d’alarme et des critiques qui ont fusé depuis que l’Algérie fait face à l’épidémie du nouveau coronavirus, le Premier ministre ne pouvait pas ne pas se déplacer à Blida et apporter son soutien au personnel médical et paramédical sur place. «Vous êtes des guerriers», leur a-t-il dit. Il lui fallait, donc, se montrer en chef de guerre et d’avoir les mots qui conviennent pour un secteur médical éprouvé.

Mais également pour les familles endeuillées par l’épidémie.
C’est ainsi que M. Djerad a tenu à s’incliner devant la mémoire des victimes du nouveau coronavirus qui a fait selon le dernier bilan 31 morts. A l’hôpital Frantz Fanon, il a observé une minute de silence à la mémoire des personnes décédées, non sans rendre hommage à l’ambulancier de l’hôpital de Boufarik, décédé de ce virus en accomplissant son devoir professionnel, ainsi qu’au Professeur Si Ahmed, qui a perdu la vie hier matin après avoir été contaminé au Covid-19.
Aux personnels soignants, le Premier ministre a affirmé que «l’Etat assurera tous les moyens de prévention et de protection à l’ensemble des personnels de la santé». Affirmant que les praticiens spécialistes de chaque wilaya seront dotés de tous les moyens, M. Djerrad a déclaré que «la préservation de la sécurité et de la santé des personnels de la santé publique et privée est non seulement une nécessité, mais également un axe principal dans la stratégie de l’Etat face à la pandémie du coronavirus».
A ce propos, il a transmis aux professionnels de la santé un message verbal du président de la République disant : «Nous sommes à vos côtés. Continuez votre travail jusqu’à la fin de cette crise (…) ne croyez pas que nous vous avons oublié. Loin s’en faut. Vous avez un ministre issu de la corporation médicale (qui s’est déplacé hier à l’hôpital de Bouafrik qui accueille lui aussi un nombre important de personnes atteintes du Covid-19) et la communication sera directe entre vous et lui, le Premier ministre et le président de la République».

Logistique et lutte contre la spéculation
Outre le message de soutien, Abdelaziz Djerad a donné des garanties que l’Etat n’abandonnera pas ses administrés, en particulier ceux qui ont besoin de l’appui de ses services spécialisés dans la solidarité et l’aide aux familles. C’est ainsi que, s’adressant aux Algériens, le Premier ministre s’est engagé à ce que l’Etat «ne laisse aucun Algérien sans assistance».
«Grâce aux mécanismes de solidarité mis en place par l’Etat associés à l’élan spontané de solidarité des citoyens dans la wilaya de Blida et à travers l’ensemble du territoire national, aucun Algérien ne sera laissé sans assistance», a-t-il affirmé.
Et de souligner que l’Etat algérien, «en dépit de la situation financière difficile que connaît le pays en raison de la chute des cours du pétrole, n’abandonnera aucune famille algérienne, où qu’elle soit, dans les montagnes, dans les villes, dans les villages ou dans les régions sahariennes». Admettant l’existence d’«une crise sanitaire», M. Djerad a rassuré les citoyens quant à l’absence «d’une quelconque crise alimentaire ou d’approvisionnement», assurant que le Gouvernement avait pris «toutes les dispositions en vue d’assurer un approvisionnement permanant et suffisant des marchés en différents produits agricoles et alimentaires».
Sur le plan de la lutte contre le phénomène de spéculation sur les produits de large consommation, un phénomène qui s’est répandu depuis les premières alertes au nouveau coronavirus, le Premier ministre s’est montré d’une fermeté que manifestent déjà les instructions rendues publiques durant les trois à quatre derniers jours et annonçant des sanctions contre les contrevenants à l’intérêt général.
A Tipasa, où il s’est également rendu pour inspecter dans la localité de Hamrelaine, un équipement de stockage des céréales, il a déclaré que «la lutte contre la spéculation doit se faire avec des moyens sécuritaires et au nom de la Loi».
Lors de son inspection de ce silo de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), il ajouté que des «orientations et des instructions ont été données» pour que toutes les personnes appréhendées en situation d’illégalité soient interpellées et poursuivies en justice.
En ce qui concerne la logistique de ravitaillement en produits alimentaires de base, M. Djerad a rassuré que, pour lutter contre le phénomène de l’affairisme, le recours au «stock stratégique» se fera en fonction de la nécessité, et comme «lors de l’injection du stock de pomme de terre sur les marchés, pour faire face au relèvement de ses cours par les spéculateurs».<