Les épreuves du Brevet d’enseignement moyen (BEM) débuteront demain à travers le territoire national pour 669 379 candidats. Un examen qui intervient dans un contexte particulier, marqué par la crise sanitaire qui a imposé la suspension des cours depuis mars dernier et le report des examens de fin d’année traditionnellement organisés au mois de juin.

Il s’agit, en effet d’un examen au pluriel dans le sens où ce n’est pas seulement les candidats qui seront mis à l’épreuve. Les préparatifs par la tutelle, notamment du protocolaire sanitaire, seront, elles aussi, observées. Il sera aussi question d’observer si l’accompagnement psychologique des élèves-candidats a été assuré ou non.
En attendant le Jour J, dans 24 heures, le ministre de l’Education nationale Mohamed Ouadjaout a indiqué que la tutelle a consacré 2 556 centres d’examen et mobilisé 163 900 encadreurs pour le bon déroulement de ces épreuves qui auront lieu dans un contexte «exceptionnel» lié à la pandémie de coronavirus. Le ministre a également indiqué que 637 538 candidats passeront les épreuves du baccalauréat qui auront lieu du 13 au 17 septembre. Ils seront répartis sur 2 261 centres d’examen et encadré par 192 300 enseignants mobilisés pour cette occasion.
Le ministre a rappelé que son département a mis en place 4 protocoles sanitaires approuvés par le ministère de la Santé et que toute la communauté éducative est dans l’obligation de «respecter». M. Ouadjaout a précisé que la tutelle «a peaufiné toutes les procédures d’organisation et mesures barrières, à partir de l’affectation des candidats jusqu’à la proclamation des résultats». C’est dans ce contexte également que les opérateurs de téléphonie mobile ont envoyé des messages à leurs abonnés, appelant à la sensibilisation des candidats pour le respect du protocole sanitaire. Il s’agit entre autres des dispositions nécessaires pour imposer le respect de la distanciation sociale à l’entrée et à la sortie et dans les halls et couloirs et à l’intérieur des salles d’examen. Le ministre de l’Education a rassuré les candidats et le personnel de l’Education que tous les équipements nécessaires à la mise en œuvre du protocole sanitaire ont été mis en place pour garantir la sécurité des candidats et des encadreurs.
Le ministre qui s’est réuni jeudi dernier par visioconférence avec les directeurs de l’Education les a instruits à veiller à l’application stricte et rigoureuse du protocole sanitaire, mis en place par son département pour la prévention contre la propagation du coronavirus et de l’ensemble des gestes barrières.
Le ministre a rappelé à ses collaborateurs l’obligation de respecter les recommandations de son secteur contenues dans le protocole sanitaire. Le protocole impose aux candidats et au personnel de l’Education de porter un masque de protection et prévoit, également, de mettre en place de banderoles colorées, de rubans adhésifs au sol avec des couleurs visibles et des barrières physiques qui assureront le respect de la distance sociale entre les candidats, en plus de l’élaboration d’affiches et de dépliants d’orientation comprenant des consignes de sécurité, des mesures préventives et sanitaires et les mesures qui doivent être respectées par tous ceux qui se trouvent au centre.
Pour le syndicaliste Nabil Ferguenis, l’application «rigoureuse» du protocole sanitaire implique de « mobiliser des moyens matériels et surtout humains», sauf que «depuis janvier 2018, le budget des établissements scolaires a diminué de 50%». «Plusieurs établissements scolaires sont en difficulté financière et n’auront pas les moyens de se procurer les équipements censés protéger les candidats et les encadreurs».
Les élèves des classes d’examens officiels ont bénéficié, le 25 août dernier, de 10 jours de séances de révision pour «la préparation pédagogique et l’accompagnement psychologique afin de les aider à surmonter les obstacles auxquels ils font face avant et durant les épreuves». «La phase actuelle est particulièrement exceptionnelle» et les enseignants ont «privilégié» l’aspect psychologique à celui de la pédagogique. C’est d’ailleurs, rappelle-t-il, l’une des recommandations du ministre du secteur qui a appelé à «faire primer l’aspect psychologique en amont de la reprise des cours de révision en parallèle à la mission pédagogique».
Notons également que le ministre de la Santé a rappelé la mise en place de «mesures de lutte contre la triche afin de préserver la crédibilité de ces examens et perpétuer le principe d’équité et d’égalité des chances». M. Ouadjaout a rassuré, encore une fois, les élèves et leurs parents quant aux leçons incluses dans ces épreuves, à savoir celles dispensées, en présentiel, lors des deux premiers trimestres de l’année scolaire 2019-2020. La proclamation des résultats est prévue fin septembre pour le BEM et le 4 octobre pour le Bac.