Le secteur de l’Education a passé hier avec succès son premier test sur les trois examens de fin d’année scolaire. Les épreuves de la 5e année du cycle primaire se sont, en effet, déroulées dans la sérénité marquant ainsi le retour de cette épreuve qui n’a pas eu lieu l’année écoulée à cause de la propagation de la pandémie.

PAR Milina Kouaci
Plus que la sérénité qui a dominé le déroulement des épreuves, les sujets dans lesquels ont été examinés les candidats ont été jugés «abordables» aussi bien pour les langues (arabe et française) que pour les mathématiques.
Pour la symbolique de ce rendez-vous, le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, a donné le coup d’envoi des épreuves au niveau de l’école primaire 19-Mars-1962, à Bordj Badji-Mokhtar, la localité qui a connu, il y a deux semaines, un évènement dramatique avec les agressions sauvages dont ont été victimes des enseignantes dans le logement de fonction qu’elles occupaient.
M. Ouadjaout s’est déplacé dans la wilaya d’Adrar, où il a également donné le coup d’envoi de la séance de l’après-midi des épreuves de 5e. Il a inspecté une série de structures relevant de son département et s’est enquis de la situation du secteur dans cette wilaya frontalière où le déficit en moyens n’est un secret pour personne.
Le déplacement de Mohamed Ouadjaout à la wilaya de Bordj Badji-Mokhtar traduit la solidarité et le soutien qu’apporte la tutelle aux enseignantes, qui avaient fait dans la nuit de 17 au 18 mai, objet d’une lâche et violente agression dans leur logement de fonction situé dans l’enceinte d’une école à par un groupe d’individus munis d’armes blanches.
D’ailleurs, en marge du lancement de l’examen de 5e AP, le ministre a déclaré depuis Bordj Badji-Mokhtar que l’enseignant est «une ligne rouge» que «nul ne peut se permettre de violenter» ni de lui porter atteinte, dans un message rassurant envers le corps enseignant qui s’est senti, à travers la multiplication des agressions, «abandonné» par les pouvoirs publics.
Le premier responsable du secteur a indiqué que l’Etat mettra à la disposition des enseignants des résidences sécurisées pour garantir la sécurité au personnel de l’Education, d’autant que les agressions ciblant les enseignantes ont été reproduites à Biskra et Batna d’après des syndicats enseignants. Des actes qui se sont soldés par le vol d’effets personnels des enseignantes qui étaient chez elle pendant les faits.
Ces agressions ont mis au goût du jour la question de l’adoption d’une loi criminalisant les actes de violence commis à l’encontre du personnel du secteur, qui faisait auparavant l’objet d’insultes, de menaces ou d’agressions par des parents d’élèves.
M. Ouadjaout a ainsi rassuré le personnel du secteur et notamment les enseignants des dispositions prises, afin d’assurer la sécurité aux fonctionnaires du secteur. «L’Etat va mettre à la disposition des enseignants un complexe de logements clôturé dans la région», a déclaré le ministre. Une des conditions exigées par les syndicats locaux de la wilaya pour pouvoir reprendre le travail et continuer d’accomplir convenablement leur mission.
Il y a lieu de préciser que l’examen de la 5e a porté sur trois épreuves dans les matières principales arabe, mathématiques et français. Des sujets abordables qui se sont limités aux cours dispensés en présentiel, d’après des observateurs. Selon l’Office national des examens et concours (Onec), le nombre des candidats a atteint 853 391 candidats, dont 436 469 garçons et 416 922 filles, répartis sur 14 472 centres d’examen au niveau national.
Dans la wilaya frontalière de Bordj Badji-Mokhtar, ils étaient 994 candidats répartis sur 13 centres d’examen à passer cet examen que supervisent 207 encadreurs. Les mesures nécessaires ont été prises pour assurer le bon déroulement de l’examen, notamment la climatisation des salles et le respect strict du protocole sanitaire de prévention contre la propagation de la Covid-19. Quant au processus de correction, il débutera le 7 juin et les résultats seront annoncés le 18 du même mois.