L’ancien wali d’Alger Abdelkader Zoukh a été condamné, hier, à une nouvelle peine de quatre ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars par le Tribunal de première instance de Tipasa. L’ex-haut fonctionnaire, qui se voit également interdit d’exercer toute responsabilités ou poste politique durant 3 ans après expiration de sa peine, était cette fois poursuivi pour des faits de «corruption» au profit de l’homme d’affaires et ancien président du FCE Ali Haddad.

Abdelkader Zoukh, placé en détention le 8 décembre dernier, avait déjà été condamné par le même Tribunal à cinq ans fermes pour des «privilèges» accordés à la famille de l’ex-DGSN Abdelghani Hamel, ainsi qu’à 4 ans fermes pour des liens similaires avec des membres de la famille de Mahieddine Tahkout. La défense de l’ex-wali aurait, pour sa part interjeté appel, informait hier une dépêche de l’APS.
Le verdict a été prononcé à l’issue d’un jugement retenant les chefs d’accusations «d’offre de privilèges injustifiés à un tiers», et «d’abus de fonction». Les actes de corruption qui auraient liés le wali d’Alger entre octobre 2013 et juin 2019 à l’ex-homme d’affaires Ali Haddad concernent plus exactement «neuf projets d’investissement» qui se sont révélés «fictifs». Des faits pour lesquels le procureur avait requis une peine de 10 ans de prison ; le dossier d’accusation citant notamment l’octroi à Ali Haddad d’une assiette foncière de 39 300 m² au niveau de la zone industrielle de Oued Smar. Une cession «en infraction avec la loi sur les affectations» des assiettes foncières, d’autant que l’espace était initialement destiné à la création d’un jardin public.
Malversations, abus de fonction et privilèges «douteux» qui auraient également entraîné d’importantes pertes «en termes de foncier agricole, industriel et touristique ainsi qu’au Trésor public». Le procès, qui cite les enquêtes menées par l’Inspection générale des finances, faisant état «d’infractions flagrantes» à la loi et aux dispositions légales réglementant les domaines de l’Etat, souligne à ce titre que le «projet» de la zone industrielle d’Oued Smar a, à lui seul, entraîné une perte de 1,33 milliard de dinars à la commune d’El Harrach. Les autres «privilèges» indûment octroyés à Ali Haddad, grâce aux interventions de l’ex-wali, se situeraient pour leurs parts au niveau des communes d’Hussein Dey, Aïn Benian et Dar El Beïda. Avec notamment, une assiette de plus de 16 000 m2 à Hussein Dey ainsi que plusieurs terrains agricoles d’une superficie totale de 30 000 m2 pour la réalisation d’un complexe sportif au profit du club de football USMA.
Quant aux deux premiers verdicts prononcés le 8 décembre dernier par le Tribunal de Tipaza à l’encontre de l’ex-wali, il s’agit de peines de 5 et 4 ans de prison ferme. Le premier dans une affaire de corruption ayant lié Abdelkader Zoukh et Abdelghani Hamel avec l’octroi de deux appartements, un social et un LSP, mais aussi d’une concession industrielle destinée à la construction d’un hôtel et d’un immeuble dans le quartier de Bab Ezzouar à des proches de l’ex-DGSN. Le prévenu avait en ce sens été condamné dans cette affaire à verser 10 millions de dinars de compensations de pertes au Trésor public. La justice avait par ailleurs prononcé une peine de 4 ans de prison dans «l’affaire» des liens d’intérêt entre Abdelkader Zoukh et l’autre homme d’affaires Mahieddine Tahkout. Ce dernier ayant notamment bénéficié de «l’appui» du wali Abdelkader Zoukh lors de l’attribution de concessions et de marchés en dépit des oppositions des services techniques de la Protection civile et de Sonelgaz, a fait savoir le président du Tribunal. <