Par Nadir Kadi
Poursuivi dans trois affaires de corruption, en lien avec l’ex-DGSN Abdelghani Hamel et les hommes d’affaires Mahieddine Tahkout et Ali Haddad, l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, risque jusqu’à 12 ans de prison ferme, en plus d’une inéligibilité durant 5 ans supplémentaire, selon le nouveau réquisitoire du procureur de la République de la Cour de justice de Tipasa.
Les principales charges discutées dès samedi par la justice, « utilisation illégale » et «dilapidation délibérée des deniers publics » ainsi que « abus de fonction et violation des lois et des règlements, dans le but d’obtenir des avantages pour un tiers », ont également motivé la demande du représentant légal du Trésor public, partie civile dans cette affaire, de réclamer la somme de 10 millions de dinars à titre de compensation pour les dommages qu’aurait causés l’ex-wali. Le verdict final devrait être prononcé le 29 décembre prochain, selon les déclarations du juge à l’issue de l’audience.
Nouvel examen qui fait suite au pourvoi en cassation de la défense devant la Cour Suprême. Abdelkader Zoukh, à la tête de la wilaya d’Alger durant près de 7 ans (entre 2013 et 2019), avait, pour rappel, été condamné en appel, en février dernier, face à la même juridiction de Tipasa. La justice reproche en effet à l’ex-responsable, « mis à la retraite » en juin 2019 dans le contexte des manifestations populaires, d’avoir entretenu des liens suspects avec d’anciennes figures politiques et économiques. Ainsi dans le « dossier » qui le lierait à Mahieddine Tahkout, il s’agirait principalement d’octroi injustifié d’assiettes foncières dans le quartier de Bab Ezzouar pour la réalisation d’entrepôts, alors même que les terrains en question étaient classés comme non-constructibles. Par ailleurs, l’ancien responsable, qui a toujours réfuté les accusations, aurait également outrepassé ses prérogatives lors de la passation d’un marché de location d’autobus auprès de l’entreprise du même homme d’affaires Mahieddine Tahkout.
Quant aux liens mis en avant par l’accusation entre Abdelkader Zoukh et Ali Haddad, ils concerneraient, d’une part, des « interventions » en faveur de l’homme d’affaires dans le but de « bloquer » des dépôts de plaintes contre lui et, d’autre part, des complicités dans neuf dossiers d’investissement dans des projets « fictifs », jamais réalisés par Ali Haddad, avait-on laissé entendre lors du procès en appel. Par ailleurs, Abdelkader Zoukh est également soupçonné d’avoir accordé « d’indus privilèges » sous la forme de biens fonciers et immobiliers à l’ex-DGSN Abdelghani Hamel et à des membres de sa famille ; l’ensemble de ces accusations avait pour rappel entraîné des peines de 5 ans et deux fois 4 ans de prison ferme.
Trois sanctions lourdes qui doivent aujourd’hui être de nouveau examinées par les juges de Tipasa, le verdict définitif est attendu pour ce mercredi 29 décembre.