Bien qu’il ait joué pour l’équipe de France de Rugby et été vice-champion du Monde avec les «Bleus», il montre un attachement à l’Algérie, pays de sa maman native de Ténès. Maxime Mermoz aura un rôle au sein de la Fédération algérienne de rugby (FAR) qui consistera à convaincre les binationaux de représenter l’Algérie qui aspire à bâtir une équipe compétitive dans les deux années à venir et (pourquoi pas ?) se qualifier au Mondial 2023 en… France.

Il attend encore de rencontrer Sofiane Ben Hassen, président de la FAR, afin de savoir un peu plus sur la collaboration entre les deux parties. Mais l’intention de faire de belles choses est là. Maxime Mermoz l’a manifestée dans un entretien accordé au site sportif algérien «La Gazette du Fennec».
La démarche de l’ancien Toulonnais, passé aussi par le Stade Toulousain et Perpignan (France) ainsi que Leicester Tigers et Newcastle Falcons (Angleterre), est motivée par le fait qu’il ait «senti qu’il y a une réelle volonté de développer le rugby dans ce pays et du coup j’ai trouvé ça légitime que je m’implique, il ne restait plus qu’à trouver la bonne formule pour pouvoir continuer ensemble.» Cette proximité s’explique quand on sait que «ma (sa) maman soit algérienne et ayant de la famille en Algérie, j’ai exprimé mon envie d’apporter une aide au rugby algérien.»

«Expliquer qu’il y a quelque chose à faire»
L’homme aux 35 sélections avec l’EDF sait de quoi il parle quand il évoque le potentiel. Surtout quand on regarde le chemin parcouru par les responsables du ballon ovale en Algérie depuis la création, en novembre 2015, de l’instance alors que la sélection existait depuis 2007. La FAR a intégré le Rugby Rugby Afrique en 2016 puis World Rugby en 2019 en tant que membre associé. C’est pour dire que les choses se structurent doucement mais sûrement.
L’apport d’un connaisseur du haut niveau comme Mermoz, fort d’une carrière de «16 ou 17 ans de longévité» comme il l’a révélé, ne pourrait qu’être une pierre de plus dans l’édifice. Surtout qu’il envisage de «sensibiliser les joueurs franco-algériens qui jouent dans les championnats français, leur expliquer qu’il y a quelque chose à faire pour eux et pour l’équipe.» Ainsi, son rôle serait «d’accompagner Mourad Gherbi au sein de la commission Élite de la Fédération pour gérer ce volet des joueurs qui évoluent dans l’élite européenne.»
Sur les éventuels renforts, tout est en instance tant qu’il n’a pas ficelé son arrivée au sein de la structure rugbystique de notre pays. A la question d’a-t-il des noms en tête, il a répondu «Oui bien sûre, mais cela est encore en off, je verrais tout cela avec eux et la Fédération. Il ne s’agit pas de mettre la pression, il faut discuter avec eux. Chaque personne à sa propre vie avec ses objectifs et ses obligations. Il faut donc voir en fonction des besoins et des volontés de chacun. Après, ce qui est bien c’est que la prochaine Coupe du Monde se jouera ici en France.»

Le Mondial 2023 en France en défi fou
Dans le milieu de l’ovalie française, les pratiquants algériens sont en nombre considérable. Et ils ne peuvent pas tous évoluer pour le XV de France. Pour celui qui a été trois fois champion d’Europe avec le RC Toulon, qui appartenait à… Mourad Boudjellal, lui aussi d’origine algérienne, «le potentiel est réel puisqu’il y a pleins de joueurs dont on ne connait pas forcément les origines mais qui ont cette opportunité de représenter un pays dont ils sont les enfants en partie. C’est toujours un honneur de pouvoir représenter son pays et l’objectif c’est de sensibiliser ces joueurs de talents afin qu’ils apportent une réel plus value à la sélection algérienne. L’expérience de joueurs de Top 14 comme Caminati, c’est une valeur ajoutée pour l’équipe nationale.»
L’objectif fou serait de qualifier l’Algérie pour le Mondial 2023 sur le sol français. «Voir son pays et son équipe nationale briller à travers le sport ça rend fière tout le monde, on le voit quand une équipe ou un pays gagne, donc ça rendrait fier le peuple de participer à cette Coupe du Monde 2023 qui se déroulera en France d’autant que la sélection algérienne aurait un fort soutien local et présence dans les tribunes, si d’ici là on peut revenir dans les stades (rire). Quels que soit les résultats, une participation serait une énorme évolution pour le rugby algérien car la Fédération a été crée il y a peu de temps», a estimé Mermoz. Il faut bien un peu de folie pour réussir quelque chose de grand. Ça part de là. En attendant que ce projet se concrétise… n