Les réquisitoires du procureur général près la Cour d’Alger dans l’affaire de l’homme d’affaires Ali Haddad sont attendus dimanche prochain.

Ali Haddad a été condamné en première instance à une peine de 18 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars pour des chefs d’inculpation liés notamment à la corruption.

Au cinquième jour du procès en appel, le juge de siège a parachevé l’audition, par visioconférence, du principal accusé Ali Haddad, qui se trouve à la prison de Tazoult (Batna).

L’ancien chef du FCE a de nouveau rejeté  toutes les charges retenues contre lui, notamment l’obtention d’indus privilèges, affirmant que tous les marchés et projets d’investissement qu’il avait réalisés ou remportés l’ont été par les voies légales.

Répondant à une question sur l’allègement de taxes dont il avait bénéficié, Haddad a expliqué que la loi stipulait que les entreprises réalisatrices de projets d’investissement bénéficient, sans exception, de la réduction des taxes qu’elles versent à l’Etat à des taux oscillant entre 50 et 90%.

Toutefois, il a reconnu que le groupe Haddad avait obtenu 457 crédits d’investissement et bancaires au cours des 20 dernières années et qu’il avait un seul compte bancaire auprès de la Société Générale en France et seulement un appartement dans le même pays. Il a également reconnu avoir acheté en 2011 un hôtel en Espagne pour 54 millions d’euros.

Interrogé par le juge de siège sur le sort des 75 milliards de dinars collectés pour financer la campagne électorale de l’ex-Président qui se présentait pour un cinquième mandat, Ali Haddad a affirmé qu’il n’avait « jamais financé de campagne électorale ni aucun parti politique » niant toute contribution de ce montant.

Mercredi, répondant aux questions du juge sur le nombre des marché publics qu’il a obtenus depuis 2000 et qui s’élève à 134 marchés d’une valeur de 748 milliard de dinars algériens, tous secteurs confondus, Ali Haddad a précisé que son

groupe avait décroché 124 marchés publics durant les 20 dernières années, estimant que son nombre était peu par rapport au nombre des projets réalisés en cette période, soulignant que son groupe n’avait aucunement monopolisé les marchés publics.

S’agissant de l’achat de certaines actions de la société Fertial, il a indiqué que cette opération avait permis de réaliser en 2017 des gains de 8,2 milliard Da.

 Ali Haddad a réaffirmé que la valeur des crédits dont il a obtenu entre 2000 et 2019 ne dépasse pas 15 crédits et que jusqu’au 2014 tous les crédits ont été remboursés dans les délais.

L’ancien chef du FCE Ali Haddad est poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation, dont obtention d’indus privilèges et incitation d’agents publics à conclure des marchés publics en violation de la législation.

Outre les cinq (5) frères d’Ali Haddad, plusieurs ministres et cadres des ministère des Transports et des Travaux publics dont les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal ont été condamnés dans cette

affaire à des peines de 12 ans de prison assorties d’une amende d’un million Da pour plusieurs chefs d’inculpation dont l’octroi d’indus avantages et l’abus de pouvoir.