Les arrangements de rencontres et le trucage de résultats étant d’actualité, Abdelhakim Serrar, qui n’exerce plus dans le football circus depuis sa dernière aventure avec l’USM Alger, a donné son avis sur le phénomène. Invité de l’émission «El Djazaïria Foot » sur la chaîne «El Djazaïria One », il a reconnu qu’il y a les coulisses et la magouille dans l’environnement footballistique. Deux choses complètement différentes. Ce qui n’est pas complètement faux. Mais pas complètement juste non plus.

Pour avoir longtemps roulé sa bosse entre présidence et management dans les clubs de l’élite algérienne, Abdelhakim Serrar a développé uns sens aigu de la gestion. Fort d’une expérience de footballeur et de dirigeant, il fait partie des personnes qui sont bien placées pour faire un constat concret de la réalité de la discipline en Algérie.
«Tout le monde porte des chemises blanches avec des tâches noires. C’est comme en économie. Il y a des postes directs et indirects. Je peux vous dire qu’il y a même des journalistes qui portent des chemises blanches avec des tâches noires. Il y a même des supporters qui nuisent au sport comme ceux qui cassent les sièges quand leur équipe perd un match. Je parle de tout un système», illustre Serrar en évoquant le milieu du foot en Algérie.

Il dévoile sa recette
L’ex-international algérien a tenu à préciser qu’il ne généralise pas. «Quand je dis que les gens ne sont pas propres, cela concerne la partie dominante dont j’ai parlé. Il ne s’agit pas de corruption profonde spécialement de vendre ou acheter des matchs mais un tout.» Aussi, l’homme aux 15 sélections avec l’EN note qu’«il y a les coulisses. Il faut faire la différence entre les coulisses dans le football et la magouille.»
Serrar assimile la magouille à la «malhonnêteté » en détaillant que «quand tu es malhonnête, tu peux user de tous les moyens pour arriver à tes fins et le résultat escompté », a-t-il expliqué. Quant aux coulisses, ils font «partie de la vie. Ça sert à protéger ton club en ne restant pas les bras-croisés dans la désignation des arbitres. Tu ne laisses pas la commission d’arbitrage te désigner quelqu’un de peureux qui n’a pas de personnalité. Ceci fait partie de la préparation de ton club. C’est la même chose pour la programmation. Parfois, tu dois faire reporter un match.»
Pour ce qui est des referees, et afin de ne pas être mal-compris, le Directeur général sortant de l’USM Alger a clarifié : «Je ne parle pas de choisir un arbitre mais t’as le droit de te protéger en disant ne pas accepter ‘’X’’ pour ce match. Je veux un arbitre international pour ce match en considérant sa personnalité et s’il est récidiviste dans les erreurs ou pas. L’arbitre peu bien évidemment se tromper mais il ne faut pas qu’il fasse dans la récurrence.»

«Un phénomène mondial »
Celui qui était avec les «Fennecs » quand ils avaient remporté la CAN-1990 en Algérie assume le fait qu’il fasse partie du circuit de la balle ronde Dz avec toutes les suspicions et les étiquettes que cette présence peut valoir. «Moi j’ai quitté le football algérien il y a un an et demi. Mais j’ai une histoire dans la gestion. De toute façon, les gens parlent et ils peuvent t’accuser. Je suis quelqu’un qui fait partie de ce milieu. Qu’il soit bon ou mauvais, j’étais dedans. Quand t’es dans un milieu pourri, tant que t’y restes, l’odeur nauséabonde va te coller à la peau. Même si tu n’as rien fait. Je le dis haut et fort, j’excelle dans les coulisses certes pour protéger mon club. Et ce, sans toucher la dignité ou l’amour propre de mon adversaire. Il faut rester attentif » note-il en ajoutant que «les coulisses c’est mondial. Même les cinq grands championnats en Europe, il y a ce phénomène.» Un vrai enfant de chœur qu’est ce Serrar. Il faut dire que sur les plateaux TV, les plaidoiries des dirigeants algériens sont toujours bien ficelées. La probité théorique est une marque de fabrique. <