Fin de cavale pour l’adjudant-chef en retraite Guermit Bounouira, en fuite en Turquie depuis le 5 mars dernier. Remis aux autorités algériennes jeudi dernier, Guermit, qui a été secrétaire particulier du défunt Ahmed Gaïd Salah, comparaîtra aujourd’hui (lundi) devant le juge d’instruction militaire, selon un communiqué rendu public hier des services de sécurité, repris par l’APS et qui fait état d’une «coordination» entre les services de sécurité algériens et turcs.

«Sur ordre du président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, et en coordination entre nos services de sécurité et les services de sécurité turcs, l’adjudant-chef à la retraite Guermit Bounouira, qui avait fui le pays, a été remis jeudi aux autorités. Il comparaîtra devant le juge d’instruction militaire lundi», précise le communiqué.
L’ancien sous-officier sera ainsi auditionné sur de graves accusations qui évoquent notamment un détournement de biens, fuite de documents et d’informations confidentielles du ministère de la Défense nationale… Guermit est accusé d’avoir «constitué une fortune colossale de façon suspecte», d’avoir tissé des liens «avec des militaires algériens en fuite à l’étranger» et d’avoir «fuité des documents et informations secrètes très sensibles du siège du ministère de la Défense».
Des indiscrétions évoquent, à propos de la personne de Guermit, sa «très forte relation» avec l’ancien chef de la Sécurité intérieure le général Ouassini Bouazza et le général Ghali Belkecir, ancien commandant de la Gendarmerie nationale, fortement cités ces derniers jours lors du procès de l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel en prison. Ouassini Bouazza a été limogé en avril dernier et condamné le 24 juin à 8 ans de prison ferme par la justice militaire.
L’intrusion de cette affaire Guermit ne peut être manifestement qu’une très mauvaise nouvelle pour Ouassini Bouazza qui risque de voir s’alourdir la peine déjà prononcée à son encontre par le Tribunal militaire de Blida.
Ghali Belkecir, lui, a été limogé en juillet 2019 et s’est réfugié en Espagne, selon des récits, sans faire l’objet de poursuites. A l’évidence, ce que dira Guermit pourrait ainsi être une raison pour que les juridictions militaires puissent engager une action contre l’ancien patron de la Gendarmerie nationale.
Si les circonstances et les motivations de sa fuite vers la Turquie n’ont pas été encore élucidées, les interrogations se font désormais plus persistantes quant à la place qu’il a pu se faire dans le sérail jusqu’à avoir une influence sans limite sur des cercles de décision.
Sans doute que la comparution aujourd’hui de Guermit, issu des services des transmissions, devant la justice militaire ne manquera pas de révéler de nouveaux secrets qui risqueraient de «corser» le dossier Wassini Bouazza et du général Abdelkader Lachkhem.
Ces deux hauts gradés seraient, selon d’autres indiscrétions, derrière le placement de Guermit comme secrétaire particulier de feu Gaïd Salah afin de «surveiller» les mouvements et les communications de l’ancien chef de corps d’armée. L’ancien Directeur des transmissions, Abdelkader Lachkhem, limogé de son poste et qui fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN) ne serait pas moins complice dans la fuite de Guermit vers Istanbul où il a pris refuge jusqu’à jeudi dernier.<