L’ancien ministre et député du Front de libération nationale, Abdelkader Ouali,
refuse de renoncer à son immunité parlementaire.

Convoqué, hier, devant la commission des affaires juridiques de l’Assemblée populaire nationale (APN), suite à une saisine du ministère de la Justice aux fins d’interroger le député sur des affaires qui nécessitent sa convocation au tribunal, l’ancien ministre a tout bonnement fait de la résistance en rejetant la possibilité de se départir de son immunité. Ce qui a contraint les membres de la commission à mettre au pied du mur l’ancien ministre des Travaux publics en lui donnant un délai de dix jours pour y renoncer de son plein gré. «On lui a donné ce délai supplémentaire pour l’inciter à réfléchir par rapport à la demande de la justice», nous explique un député, membre de la commission juridique, qui a pris part à la rencontre. Selon ce dernier «en cas de refus de se départir de sa couverture juridique, une procédure de levée d’immunité sera entamée et discutée en plénière de l’Assemblée populaire nationale et sera tributaire in fine d’un vote de ses pairs». Dans ce cadre, la présidente de la Commission, Souad Lakhdari, a rappelé les procédures prévues par la loi concernant la levée de l’immunité parlementaire, soulignant l’importance de respecter les formes juridiques stipulées par la loi en la matière. En procédant de la sorte, le député FLN entend exposer ses arguments devant les députés aux fins de l’extraire
des mailles de la justice. Cette démarche est née de l’espoir qu’a fait naître Smaïl Benhamadi, député du Rassemblement national démocratique (RND) de Bordj Bou-Arréridj, lorsqu’une procédure similaire l’avait ciblé et face à laquelle l’immunité ne lui a pas été retirée. Mais au-delà, la procédure de levée de l’immunité parlementaire précédant des poursuites judiciaires à l’endroit des députés suivie souvent par une incarcération, inquiètent beaucoup de députés et surtout ceux de la majorité. En effet, selon nos sources, «la procédure pourrait toucher plusieurs parlementaires qui seront confrontés à la justice». «Des députés seront rapidement placés sous mandat de dépôt avant d’être jugés», révèle à Reporters un député FLN qui fait état d’une angoisse chez les députés. «Les rumeurs qui circulent actuellement font état de plusieurs enquêtes ciblant des parlementaires essentiellement de la majorité et beaucoup devraient atterrir sous peu sur le bureau du président de l’APN», nous explique-t-on, tout en précisant que «personne n’est rassuré et le climat de psychose qui règne à l’Assemblée nationale depuis plusieurs mois va en s’exacerbant». Selon nos sources, «beaucoup de députés sont des hommes d’affaires et ont des choses à se reprocher. Ils s’inquiètent d’être rappelés par la justice alors que jusque-là, ils ont été épargnés grâce à leur immunité parlementaire», précise-t-il. Mais la justice semble décidée à ouvrir plusieurs dossiers de corruption impliquant de hauts responsables dont des parlementaires. A suivre.