La procédure de levée de l’immunité parlementaire des députés Mohcine Belabbas et Abdelkader Ouali a pris fin hier. Le premier, ancien wali, ex-ministre des Ressources en eau et élu sur la circonscription de Mostaganem, a annoncé, avant la séance prévue par le bureau de l’APN pour trancher la question, qu’il renonce volontairement à son immunité parlementaire. Pour le second, Mohcine Belabbas, président du RCD et élu sur la circonscription d’Alger, ce sont les députés qui se sont chargés de la levée de son immunité parlementaire puisqu’ils étaient 242 à voter pour contre 40 qui se sont opposés et 19 abstentions.

L’issue de la procédure contre le président du RCD n’a pas tardé à susciter dans l’après-midi d’hier des réactions de solidarité. «Visiblement attaqué pour ses positions politiques, aujourd’hui, les députés de la majorité à l’Assemblée nationale populaire viennent de lever l’immunité parlementaire au député Mohcine Belabbas aussi, président du RCD», écrit la LADDH dans un communiqué.
«En attendant la suite, notamment devant la justice, la LADDH, tout en exprimant sa solidarité entière avec le président du RCD et l’ensemble de ses militants, dénonce ces attaques qui ciblent les militants de l’opposition», ajoute la même source. Pour la LADDH, «ces attaques qui interviennent sur fond de campagne de restrictions généralisées des libertés, ne fera qu’envenimer le climat, déjà délétère, attiser et prolonger la crise, du coup, compromettre la solution, qui ne peut qu’être démocratique et en phase avec les attentes suscitées, notamment par le Hirak pacifique».
Il faut rappeler que la procédure a été enclenchée depuis la demande du ministre de la Justice, garde des Sceaux, en prévision d’une poursuite judiciaire contre les deux parlementaires. Le 30 septembre dernier et contrairement au chef du RCD, l’ancien ministre Abdelkader Ouali, concerné lui aussi par la mesure, s’est présenté devant la commission à laquelle il a signifié son opposition de surseoir à son immunité parlementaire. Pour sa part, le président du RCD a indiqué dès l’entame de l’affaire qu’il n’ira pas à la Commission des affaires juridiques de l’APN pour la procédure de levée de son immunité parlementaire.
Il a affiché cependant sa disponibilité à répondre à une convocation de la justice. «Si le Tribunal m’appelle demain, j’irai sans problèmes. Il doit m’appeler. J’attends la convocation pour aller me défendre parce qu’ils ont essayé de salir mon image à travers des déclarations et ont même livré des détails de l’affaire. Il y a clairement une violation du secret de l’instruction et une atteinte à la présomption d’innocence», a-t-il dit.
Joint hier par nos soins, Atmane Mazouz, secrétaire national à la communication du RCD, a indiqué que la levée de l’immunité parlementaire de Mohcine Belabbas ne surprend pas pour autant le parti. «D’ailleurs, à vrai dire, Mohcine y a renoncé implicitement en déclarant à plusieurs reprises qu’il répondrait volontiers à une convocation de la justice, mais pas à celle de l’APN». M. Mazouz a rappelé, dans ce sens, que le président du RCD avait été auditionné par la Gendarmerie nationale et qu’il a boudé la commission des affaires juridiques de l’APN. <