Selon le président de la commission des finances et de budget de l’Assemblée populaire nationale, Seddik Bakhouche, les subventions accordées aux produits de large consommation ne seront pas levées dans les proches délais.

Par Feriel Nourine
Les subventions accordées aux produits de première nécessité ne seront pas levées dans un proche délai, a indiqué, hier, le président de la Commission des finances et de budget de l’Assemblée populaire nationale, Seddik Bakhouche. Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, M. Bakhouche a ainsi exclu la suppression de ce mécanisme de soutien au pouvoir d’achat des citoyens, du moins pour le moment.
Le député intervient alors que Projet de loi de finances 2022, en examen depuis hier à la Chambre basse, fait état de la fin proche de ces subventions accordées sur les produits de base et de leur remplacement par un système d’aide directe à ceux qui le méritent. Ce que l’invité de la radio ne dément pas, mais propose de faire une autre lecture du PLF dans son article consacré à cette mesure. Il constate, à ce propos, que le projet de texte de loi ne prévoyait pas encore la suppression des subventions dans leur forme actuelle, mais qu’il était seulement porteur de clarifications sur la nouvelle démarche proposée, dont il définit également le cadre réglementaire pour son application.
Laquelle démarche repose sur la mise en place d’un dispositif national de compensation au profit des ménages nécessiteux qui viendra prendre la place des subventions généralisées dans le dispositif de soutien de l’Etat aux citoyens. Pour le président de la Commission des finances et de budget de l’APN, le changement doit passer par la concertation et les efforts de plusieurs secteurs, dont les ministères de la Solidarité nationale et de l’Intérieur, afin de dégager un fichier national des familles nécessiteuses et à faible revenu.
M. Bakouche a, par ailleurs, passé en revue certains amendements proposés par les députés dans le cadre du PLF 2022, à l’exemple de la nécessité de développer la bande frontalière du pays en modifiant certains articles de sorte à ne pas devoir recourir au Trésor public. Parmi les mesures proposées dans cet objectif, il a cité «l’activation des revenus des passages commerciaux terrestres, au lieu de taxer sur le chiffre d’affaires réalisé dans le cadre des importations de marchandises, estimée à environ 15% au Fonds des collectivités locales dans une commune».
La commission qu’il préside a, en outre, proposé de «répartir à parts égales ces recettes fiscales entre les communes de la bande frontalière pour renforcer leurs structures, afin de remédier aux insuffisances vécues par les habitants de la zone», a poursuivi le député, avant d’évoquer la proposition d’exonérer les billets d’avion des lignes intérieures de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Cette proposition «vise à encourager le tourisme dans le désert algérien et à réduire le fardeau des déplacements entre les Etats du Nord et du Sud», a-t-il expliqué. n