Après quatre années de blocage, le long métrage «Ben M’hidi», réalisé par Bachir Derrais dédié à la vie et au parcours du martyr de la guerre de libération nationale, Larbi Ben M’hidi, a reçu, hier à Alger, l’approbation de la commission mixte, mise en place par les ministères de la Culture et des Arts et celui des Moudjahidine et des Ayants droit, après la levée de toutes les réserves exprimées sur ce film, indique un communiqué du ministère de la Culture et des Arts.

Par Sihem Bounabi
A la fin du mois d’octobre dernier, les prémices du déblocage du film ont percé lorsque Bachir Derrais avait écrit sur sa page facebook que «le contact est renoué après quatre ans de rupture avec le ministère des Moudjahidine» et «il y a une intention d’autoriser sa diffusion». Il a aussi affirmé dans ce post avoir été accueilli «avec respect» par le ministère de la Culture et celui des Moudjahidine. Toutefois, il a tenu à préciser que «ceux qui me connaissent savent très bien que je ne ferai aucune concession qui pourrait porter atteinte ou modifier le contenu du film. Je n’ai pas résisté pendant quatre ans pour abdiquer aujourd’hui».
Pour rappel. Il y a quatre ans, le film avait été interdit de diffusion suite à une cinquantaine de réserves émises par le Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national (CNERMN) qui dépend du ministère des Moudjahidine. Le centre avait indiqué dans une lettre adressée au réalisateur : «Il est strictement interdit de projeter le film ou de l’exploiter sous une quelconque forme, jusqu’à la levée des réserves et à l’accord final sur son contenu». Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture à l’époque, avait aussi émis des réserves soulignant l’existence d’une incompatibilité entre le scénario originel écrit par Mourad Bourboune et la version du film présentée, ce qui a été fortement démenti par le réalisateur.
Après un bras de fer à coups de déclarations véhémentes par médias interposés, Bachir Derrais, après une longue résistance, a finalement revu sa position en supprimant de nombreuses «séquences controversées».
Il avait déclaré dans les médias à l’époque que «le ministère des Moudjahidine a demandé de supprimer certaines scènes qu’il a jugées controversées et qui touchent à l’image du martyr et ses compagnons d’armes. J’ai fait de mon mieux pour les remarques raisonnables sans pour autant dénaturer mon film».
Dans le communiqué du ministère de la Culture, il est souligné que la ministre de la Culture et des Arts Soraya Mouloudji et le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga, ont reçu chacun une copie du film en présence de son réalisateur Bachir Derrais.
Produit par la société algérienne «Les films de la source», sur un scénario écrit par Mourad Bourboune et basé sur de nombreux témoignages de compagnons de Larbi Ben M’hidi et de sa famille, ce long métrage devrait ainsi enfin voir le jour. Adapté au cinéma par Abdelkrim Bahloul, le comédien Khaled Benaissa incarne le rôle de Larbi Ben M’hidi.
Il a été tourné à Alger, Lakhdaria, Biskra, Béchar, Béjaïa et Tlemcen. 30% du tournage ont été effectués dans des studios en Tunisie où l’équipe du film a reconstitué les décors des années 1940. Avec un budget de près de 520 millions DA, débloqué à parts égales par les ministères de la Culture et des Moudjahidine, ce projet a également bénéficié de financements accordés par des opérateurs économiques algériens publics et privés. n