Le gouvernement veut accélérer la cadence dans la libération des projets d’investissement en suspens. En ce sens, le ministère chargé de cette mission, en l’occurrence celui de l’Industrie, compte sur la commission nationale qu’il a mise en place pour le suivi de ces projets.

Par Feriel Nourine
Composée des Secrétaires généraux de dix secteurs ministériels, industrie, intérieur, agriculture, habitat, énergie, ressources en eau, tourisme, finances, industrie pharmaceutique et environnement, cette commission s’est réunie, lundi, sous la présidence du ministre Ahmed Zeghdar afin de définir des mécanismes de régularisation de la situation des projets d’investissement restants, a indiqué un communiqué du même ministère. Lesquels projets sont au nombre de 361 sur 864 figurant initialement sur la liste des cas confrontés à des obstacles.
Ce sont donc 503 projets dont les obstacles ont été levés grâce aux efforts déployés sur le terrain par la commission. Ils sont susceptibles de générer 24 000 postes d’emploi directs, a-t-on déjà indiqué au niveau du ministère de tutelle. Et pour que le compte soit bon, le premier responsable du secteur a appelé les membres de la commission à «redoubler leurs efforts pour accélérer le traitement des dossiers relatifs aux projets restants», souligne le communiqué.
Pour rappel, les principaux obstacles auxquels se trouvent confrontés les opérateurs, dont les projets d’investissement sont inscrits sur la liste de la commission de suivi, ont trait à la nature des terrains à vocation agricole sur lesquels ont été établis ces projets, le raccordement aux réseaux d’électricité, de gaz et d’eau, l’obtention des permis de construire et à la conformité des constructions en sus de certaines problématiques liées aux contrats de concession.
A propos du foncier industriel, Ahmed Zeghdar a rappelé, lundi, que le recensement préliminaire mené par son département a révélé l’existence de 1 200 assiettes foncières inexploitées d’une superficie de 400 hectares. Il a également mis en avant le rôle qu’assumera l’Agence nationale du foncier industriel (en cours de création) en termes d’octroi et de gestion de foncier industriel dans la transparence.
Faut-il aussi rappeler que la commission nationale de suivi des projets d’investissement en suspens n’est pas seule sur le terrain ? Le Médiateur de la République, Brahim Merad, est, également, impliqué dans cette mission, sachant que c’est le président de la République qui l’a déclenchée lors de la Conférence nationale sur la relance industrielle, début décembre 2021. Abdelmadjid Tebboune avait alors fait état de l’existence d’un bureau spécial auprès du Médiateur de la République, traitant de manière directe avec le président de la République, qui reçoit les doléances des investisseurs lésés et dont les projets sont en souffrance. Exhortant par la même occasion les investisseurs à contacter «immédiatement» ce bureau dans l’objectif de traiter leurs réclamations et prendre les mesures adéquates pour y remédier, le chef de l’Etat a qualifié les pressions faites à certains investisseurs de «signes d’une grave dégradation qu’il convient de contrer».
L’accélération de l’opération de libération des projets d’investissement en suspens passe donc par le contrôle du chef de l’Etat via son médiateur. Ce dernier est instruit par Tebboune à veiller à inclure dans son rapport «la localisation, la nature des projets, les types d’obstacles et le nombre de postes réellement créés et ce, pour mettre en exergue l’efficacité de l’opération d’élimination des obstacles administratifs se dressant devant tout projet d’investissement» Il est, en outre, question, de la nécessité de distinguer, lors de l’opération de recensement, entre les projets en suspens, générateurs de richesse à valeur ajoutée, de postes d’emploi effectifs et projets en suspens pour de simples raisons techniques.