L’Assemblée populaire nationale (APN) refuse de lever l’immunité parlementaire à Abdelkader Ouali, ex-ministre des Ressources en eau et député. Lors d’une séance plénière tenue à huit clos, hier, consacrée au vote sur le maintien ou le retrait de l’immunité parlementaire, les députés en majorité ont opposé un « non » à la demande du ministère de la Justice.

Le vote, qui s’est déroulé à bulletin secret, a grandement surpris lors de l’opération de dépouillement. En effet, 201 députés se sont positionnés contre la procédure de levée de l’immunité parlementaire, tandis que 43 ont voté en faveur de la levée de l’immunité au député FLN. Trente-cinq députés quant à eux se sont tout bonnement abstenus. Il faut dire que l’opération de vote à bulletin secret est intervenue après une véritable plaidoirie du député Ouali, qui a rejeté toutes les accusations portées par le ministère de la Justice. « Non, je suis innocent et toutes ces accusations dont on m’accable n’ont aucun fondement véridique », avait-il indiqué devant ses pairs. Le député FLN a expliqué que « l’accusation de transfert illicite de fonds à l’étranger est sans rapport avec la réalité, puisqu’un ministre n’a pas la prérogative d’opérer un quelconque transfert de fonds ». De même qu’il a précisé qu’il n’était pas « ministre du temps d’Ouyahia mais plutôt sous le gouvernement Sellal ». Il faut croire que les arguments d’Abdelkader Ouali ont réussi à fléchir la position de ses pairs qui ont rejeté en majorité la levée de son immunité parlementaire. Pour rappel, le député du FLN avait opposé un niet catégorique à toute levée de l’immunité parlementaire dès la mise en branle de la procédure par le ministère de la Justice. C’était en février dernier. Après l’examen de la demande par le bureau de l’APN, la commission juridique a dû se réunir deux fois de suite pour statuer sur son cas. Mais à chaque fois, il a fait de la résistance en clamant son innocence. Le 25 février dernier, la commission des affaires juridiques de l’Assemblée populaire nationale l’avait écouté une dernière fois après l’expiration du délai de dix jours, en faisant face à son refus de céder sur son immunité. Suite à quoi, il a été décidé conformément à l’article 72 du règlement intérieur de l’APN d’actionner la procédure légale de levée de l’immunité via un vote. Mais à la surprise de la commission juridique, le député Ouali a eu gain cause et a eu raison de résister et de rester intransigeant. « Beaucoup d’entre nous ont rejeté massivement la demande du ministère de la Justice par conviction ». Ouali n’est pas le premier à échapper à la justice. Un élu avant lui avait créé la surprise, le 25 septembre dernier, en l’occurrence le député de Bordj Bou-Arréridj Smaïl Benhamadi. L’homme d’affaires du groupe familial Condor avait aussi bénéficié d’un vote à son avantage puisque 156 députés se sont opposés à la levée de son immunité parlementaire contre 131 qui avaient voté pour la levée de son immunité.