L’information selon laquelle le ministère de la Justice aurait adressé une demande de levée de l’immunité parlementaire, concernant 20 députés, s’est avérée une rumeur. Et c’est le ministère de la Justice qui dément cette information. En effet, dans un communiqué rendu public, hier, le département des Zeghmati indique n’avoir enclenché aucune procédure de levée d’immunité en direction de la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN). «Certains médias ont publié des informations selon lesquelles le ministère de la Justice aurait adressé une demande à la présidence de l’APN pour la levée de l’immunité de vingt parlementaires », lit-on dans le communiqué en question, dans lequel le ministère considère l’information comme étant « dénuée de tout fondement ». « Le ministère n’a engagé aucune procédure de ce type, ni en direction des députés du parti du Front de libération nationale ni de ceux du parti du Rassemblement national démocratique ou de ceux du parti Tajamou Amel El Djazaïr, à l’exception des cas annoncés officiellement par l’APN », précise le communiqué à ce propos. Il faut dire que le démenti du ministère de la Justice est en rapport avec plusieurs articles de presse, parus récemment dans plusieurs médias, faisant état d’une accélération de la lutte contre la corruption au sein des institutions de l’Etat, à commencer par le Parlement. Les rédacteurs de ces articles avaient fait état que des procédures de levée de l’immunité parlementaire avaient été enclenchés à l’endroit de
20 députés du FLN, RND et de TAJ, en citant même les noms des députés en question.
Ce qui a été à l’origine d’une véritable psychose à l’Assemblée nationale. Selon un député FLN, « la peur des parlementaires FLN cités les a poussés à partir d’Alger vers leurs wilayas respectives et n’ont plus remis les pieds à l’APN ». Un autre député FLN explique que beaucoup de parlementaires « ne dorment plus la nuit et certains sont même devenus dépressifs à l’idée d’être un jour incarcéré pour des affaires de corruption ». Même crainte chez les députés RND, cités également comme étant ciblés par une procédure de levée de l’immunité. En effet, selon un ex-président de groupe parlementaire de ce parti, « les députés ont les nerfs à fleur de peau ». « Ils sont très inquiets pour leur avenir », explique-t-il, précisant que « la perspective d’être incarcéré les indispose au plus haut point ». Ayant en tête l’emprisonnement de plusieurs députés ayant pourtant un pouvoir incontestable, à l’instar de Baha Eddine Tliba ou encore de Mohamed Djemaï, les députés cités par les médias parmi lesquels figurent même des vice-présidents et des présidents de commission vivent dans la terreur. Et le communiqué de la justice, même s’il dément l’information de leur convocation par la justice, n’en demeure pas moins qu’ils restent aux aguets et ne sont nullement rassurés. « Ils savent que n’importe qui d’entre eux quelle que soit sa position ou son pouvoir peut être jugé pour une affaire ou une autre et se retrouver du jour au lendemain en prison », nous explique un député RND.