Par Feriel Nourine
Le 6e Sommet Forum des pays exportateurs de gaz a cette particularité de se tenir dans une conjoncture inédite, aussi bien pour les hauts responsables présents aujourd’hui à l’appel de Doha que pour ceux des pays consommateurs dont l’oreille sera prêté à l’événement de la capitale qatarie.
Particularité pour au moins deux facteurs qui sont en train de dominer un secteur énergétique vital aussi bien pour les besoins économiques que pour les exigences domestiques des individus.
Il y a d’abord les prix de cette énergie fossile dont la progression ne s’est pas arrêtée l’année dernière pour se convertir à des records jamais atteints, en décembre.
Il y a ensuite la crise de l’offre gazière provoquée depuis quelques semaines par les tensions entre la Russie et l’Ukraine, mettant en danger les approvisionnements de l’Europe dont le gros provient, justement, du sous-sol russe.
Une dépendance exagérée du géant russe dont les pays du Vieux Continent tentent de s’affranchir depuis assez longtemps sans y parvenir. Le défi est immense et n’a d’égales que les potentialités tout aussi immenses de la Russie à produire, à stocker et à livrer du gaz à une Europe résolument énergivore, et qui risque de continuer encore à se satisfaire principalement de cette matière tant que l’heure des énergies renouvelables à grande échelle n’a pas encore sonné.
Il faudra visiblement que l’Europe attende encore pour atteindre ses objectifs de transition énergétique accomplie et se libérer des énergies conventionnelles qui ont à ce jour nourri son gigantisme industriel et participé en grande partie à son épanouissement économique.
C’est, en effet, dans ce statut, pas forcément confortable, de puissance que les pays européens vont assurément suivre un sommet du FPEG dont ils attendent quelques pistes de garantie pour une sécurité gazière qui, plus que jamais auparavant, est appelée à diversifier et à réduire ses commandes auprès du fournisseur russe.